Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Résolution

– Alors, tu sais, aujourd’hui c’est un jour spécial, on a changé d’année…
– Han…
– Et qu’est-ce que tu veux faire cette année alors ?
– …
– Tu veux faire quoi cette année ?
– Furansugo.

Voilà, la résolution pour 2008 du petit est de travailler son français. A 3 ans, il y a des résolutions qui laissent sans voix !…

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Mousses VIP

Après le Fushimi Inari34.967205135.772846 Jinjya, le convoi a pris la direction du palais d’argent, un peu plus au Nord. Le palais d’argent, c’est Ginkakuji35.026605135.798064, et il est préférable de ne pas le confondre avec le Kinkakuji35.039536135.728423, palais d’or et qui se situe de l’autre côté de la ville, tout à l’ouest. Là encore, aux abords du temple fleurissent les boutiques de souvenirs, cadeaux et glaces.

J’apprécie tout particulièrement ce temple pour son jardin de mousses magnifique. J’y étais allé une première fois au printemps et quelle que soit la saison, un jardin de mousse reste finalement assez identique à lui même. Et même au sommet d’un des été les plus chaud qu’ait connu le Japon, déambuler au milieu de ces tâches de lumières sur des mousses vert tendre apporte beaucoup de fraîcheur.

A l’entrée du temple, après avoir dépassé les constructions de sable blanc du jardin zen, sont exposées sur une table les mousses rares que compte le jardin. Mousses VIP, c’est écrit dessus.

Au passage, quelques photos du lieux sont à admirer sur le portfolio de fenêtre-sur-cour.

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Tokyo Nobody

Ca faisait très longtemps que je voulais m’acheter ce livre de photo de l’artiste japonais Masataka Nakano.

Tokyo Nobody, c’est le résultat de 10 années de patience pendant lesquelles l’artiste a photographié Tokyo35.673718139.697556, à des moments où les rues ne laissaient apparaître aucune présence humaine. Et Tokyo35.673718139.697556 déserté, ça laisse une drôle d’impression, parfois dérangeante, l’oeil cherche les hommes, on ne se fait pas si facilement à l’idée qu’il ne puisse y avoir personne. On croit souvent pouvoir prendre en faute l’artiste, on a l’illusion d’une présence, qui se révèle finalement être toujours autre chose, un poteau, un sac, un arbuste… C’est vraiment un magnifique travail argentique, garanti sans trucage, sans pinceau à cloner, sans superpositions d’images ni collage, fait à force d’attentes. Incroyable, au sens premier du terme.

Et pour qui pour quoi, la semaine dernière m’est revenu à l’esprit l’existence de ce livre, et avec elle, l’envie irrépressible de me le procurer. Ca vous intéresse aussi ?

Edit du 26/08 : Et ceux que vous trouverez sur ma boutique sont dédicacés de l’auteur.

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Le monde est petit. A fortiori, mon quartier aussi

Aujourd’hui, alors que la neige tombait encore, on a reçu pour la seconde fois des amis pour faire la présentation de La Toute petite (et cette fois ci, je maîtrise la cuisson du fondant au chocolat).

Et il est arrivé quelque chose d’extraordinaire (n’ayons pas peur des mots).

L’histoire remonte au 19 août 2006, alors qu’on venait d’arriver au Japon de tout juste deux mois. Mon épouse avait alors trouvé un job, et on cherchait une solution pour la garde du petit. On avait visité ce qui allait devenir la première crèche du petit. Et on y avait croisé une petite fille de père français qui avait vraiment tilté sur le Petit… Elle disait en boucle, je m’en souviens encore « Kawaïï… Kawaïï », en appuyant un peu sur le « Ka » et en traînant langoureusement sur le « ïï ».

Et puis, plus récemment, on a du se rendre au consulat pour faire un passeport pour La Toute Petite. On y a retrouvé la même dame qui en avait fait l’inscription sur l’était-civil Français. Et du coup, de toutes les pièces requises pour la création du passeport, on n’en a présenté aucune, Osaka, c’est un grand village, on y fait les choses de confiance 🙂

Mais là n’est pas la question, en voyant à nouveau notre adresse ici, cette dame japonaise a eu soudain le déclic : « Monsieur Ghismo, voudriez-vous donner des cours de Français ? » me lança-t-elle d’un coup en me regardant droit dans les yeux… « Euh, beh c’est à dire que… c’est un peu inattendu, oui pourquoi pas… ». Et en répondant ça, je repensais à la première ligne du dernier livre d’Amélie Nothomb, lue par dessus l’épaule de mon épouse qui venait de le commencer dans le métro en allant au consulat.

S’en suit une discussion en japonais entre cette dame et mon épouse, dont j’ai attrapé quelques mots : « gratuitement », « femme divorcée », « près de chez vous »‘, « mari français », « petite fille », « téléphoner aux grands parents »… C’est d’accord, voici ma carte.

Aujourd’hui, juste avant que les premiers invités ne sonnent à la porte, j’ai reçu un email de cette maman, avec son numéro de téléphone… et si on l’invitait avec tes autres amis ?

C’est ainsi qu’on a vu débouler chez nous cette petite fille, un an et demi après la première fois. Et si elle ne se souvenait pas de cette fugitive première rencontre, l’émotion est restée intacte entre ces deux là qui ont passé l’après midi à courir et crier partout dans la maison. Il y eut même quelques larmes au moment de la séparation…

Mais comment fait-on pour donner des cours de Français à une petite fille de 5 ans ?

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Faire les présentations

C’est qu’elle ne se laisse pas prendre en photo facilement, longue et fine, haute et brillante, elle porte le sobriquet de Wav 4 et son papa c’est Ned Steinberger, NS Design, voici donc Enesse…

Au moins elle plaît au petit :

– T’as vu, papa il a une nouvelle basse !…
– Kakkoii deshô !

– Oui, elle est cool, hein !
– Doko de kattekita ?
– Je l’ai achetée à Tokyo35.673718139.697556 ce week-end…

– Sokka, Kyoto34.986796135.758678 ?
– Nonon, Tokyo35.673718139.697556…
– Tokyo35.673718139.697556 ?…

Bon, et c’est maintenant que commence le travail, c’est beaucoup plus physique que la basse électrique, ça arrache les doigts, ça les écartèle bien aussi, ça tire dans les avant-bras, beaucoup plus dur aussi question justesse… mais, wow ! :°

Et dès que j’ai un plan enregistrable, je le partage avec vous, mais c’est peut-être pas demain 🙂

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Osaka coréen

Il y a quelques temps, on s’était rendu dans le quartier coréen d’Osaka, que j’avais déjà parcouru sans avoir vraiment trop remarqué le passage de frontière.

Le quartier qui porte pour nom « Pont aux grues », est au croisement d’une ligne de métro souterraine et d’une gare JR en hauteur, et est rempli de pachinko antiques, de love-hotel qui ont dû être colorés un jour, de yakiniku qui exploitent un peu trop chèrement le filon coréen, et d’un quartier entièrement couvert abritant un marché gras, poussiéreux et très délabré. Ambiance Shôwa.

Le genre d’endroit où les services d’hygiène pourraient faire une razzia qu’ils ne font pas, mais qui inspire une confiance sans limite aux acheteurs. Venir chercher du kimuchi ici, c’est un peu comme aller chercher du cantal dans un buron auvergnat, peu importe les cancrelats si le goût est là.

La gare JR, suspendu au dessus du quartier, accrochée au sol par des pilotis métalliques tellement disgracieux que les habitants ont décidés, chose rare, de les habiller, de faire pousser dessus des fleurs en plastique qui ajoutent au côté funèbre au lieu.

La suite nous a poussé à la recherche du quartier « Okinawa » d’Osaka…

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Bon, mais alors, ça donne quoi ?

J’ai aujourd’hui eu l’honneur, car c’en est un ici, de pouvoir assister à ma première échographie nippone. Ici, il ne suffit pas d’accompagner votre épouse à la maternité pour espérer apercevoir les battements du cœur de votre enfant sur l’écran noir et blanc de l’échographie…

En fait je m’étais déjà rendu à la maternité à deux reprises. La première fois, je me suis trouvé tellement seul en ce monde exclusivement féminin que je n’ai pas eu le cran de m’avancer plus loin que la salle d’attente. On a parfois des réactions qui nous font nous en vouloir, aussi, la fois suivante, j’étais bien décidé à franchir le pas. Ce que j’ai fait, mais lorsque mon épouse s’est enquise de savoir si je pouvais participer, on m’a laissé sur le pas de la porte. Bien sûr, on ne m’a pas dit « non », tout juste un « c’est à dire que… » à la japonaise qui fait encore plus rager son homme qu’un « non » franc et argumenté à la française. C’est que le papa ici est censé trimer, on ne s’attend pas à ce qu’il s’intéresse au ventre rondissant de son épouse. Un clou qui dépasse…

Il y a eu aussi cette session du samedi après midi, en couple, session obligatoire pour le papa si il veut pouvoir être présent le jour de l’accouchement. Cinq couples, assis à de petites tables de classe, les femmes près de l’allée centrale, les hommes sur les bords. Session test pour les apprenties sages-femmes, l’instructrice est dans le fond de la salle, chronomètre sur les genoux, prend des notes, et relève chaque bafouillement des élèves stressées.

Vraiment l’art oratoire répond ici à de tout autres codes ; c’est pas l’Italie ! Les sages-femmes, en blouses, raides comme des piquets, bras collés le long du corps, mains à plat, immobiles, sans laisser paraître la moindre émotion surtout, ça pourrait détourner l’attention peut-être, ou la fixer, c’est selon.

Les présentations sont faites, courbettes sur la scène, courbettes en réponse dans la salle, une seule des sage-femmes reste et entame à l’heure précise un discours appris intégralement par-cœur. Il durera 30 minutes, exactement. On nous parle des mois, des poids et des tailles, de comment se lever quand on est couché et qu’on est une femme enceinte, de comment passer l’aspirateur et qu’on est une femme enceinte, de comment porter des objets lourds et qu’on est une femme enceinte, et un des papa appelé au hasard parmi les cinq présents a le droit de faire la démo d’un costume de simulation de femme enceinte, sorte de corset avec poitrine proéminente et sac de plomb au niveau du ventre :

– si je pose le crayon par terre, pouvez-vous le voir ?
– non
– est-ce que c’est lourd ?
– oui
– vous pouvez vous rasseoir.

Le second exposé durera 17 minutes, toujours de par-cœur déclamé sur un ton égal, et traite des aspects pratiques, le numéro de l’hôpital, l’entrée de nuit, le surcoût en cas d’accouchement nocturne, le trousseau à préparer, et la fréquence des contractions avant d’appeler le taxi.

De temps en temps, une stagiaire trébuche sur un mot et présente ses excuses invariablement d’un « shitsureishimashita », lance un coup d’œil au fond de la salle, pour reprendre la phrase à son début, levant alors les yeux au plafond pour y chercher sa mémoire, en martelant bien chacun des mots qui l’avait induit en erreur.

Et puis, il y a un goûter, avec des échantillons, boissons et gâteaux énergisants, issus de l’industrie agro-alimentaire probablement sponsor d’une manière ou d’une autre de ce genre de regroupements. Table ronde, présentation rapide faites par les mamans, petite question a chacun des papas, on n’attend pas à ce que quiconque développe un thème, quelques mots sont lâchés avant de prendre une pause.

Après la pause, nouvel exposé de 13 minutes, avec séance vidéo sur l’accouchement. On y voit une femme très zen, en train d’accoucher, sans douleur, grâce à la sophrologie. C’est d’ailleurs au moment où ce mot est lâché que pour la première fois on peut voir briller une petite étincelle dans le regard de la sage-femme.

Cette session était en fait l’introduction à la suivante, la plus longue de toutes, 40 minutes ; pour celle là on a enlevé les tables, et tout le monde est assis par terre (on aime ça au Japon). 40 minutes d’exercices et de discours toujours minuté sur la sophrologie et l' »image training », en anglais dans le texte. Les exercices se font en musique, sur une sorte de truc de relaxation : un arpège joué en boucle pendant des heures à tempo lent sur des nappes synthétiques et sur fond de percussions ethniques sous-mixées, comme lointaines, vous voyez le genre ? On en trouve dans certains magasins en France aussi, la plupart du temps à côté des bâtons d’encens, des jardins zen de tables, ou des bambous tournicotant en vase.

Après ces étirements, et la remise d’un petit questionnaire de satisfaction, on nous fera visiter l’hôpital, le coin maternité qui partage ses chambres avec la gérontologie, l’hôpital est vieux, vieillissant, a mal vieilli, on ne sait trop dire, c’est pas très sexy, ça change de la clinique Jules Verne. On sera sans doutes heureux de se retrouver à la maison cette fois ci…

Pour en revenir à aujourd’hui, j’ai donc pu assister à cette échographie, qui en soi n’a rien de particulier, le matériel est le même qu’en France, il vient d’ailleurs du Japon. La seule différence avec la France, c’est que c’est à vous de venir avec votre serviette pour vous essuyer le ventre du gel dont on barbouille la sonde, l’hôpital n’offre pas ce genre de service.

Aujourd’hui, on sait donc si ce sera un chti Ghismo ou une chtite Ghismette, mais on vous le dira pas !

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Bah !… C’est un New Dogma !

Il y a quelques jours, juste avant que la pluie ne prennes ses aises (ça, fallait pas l’inviter), on a pu de nouveau s’émerveiller des ciels qui s’offraient à nous.

Il y a eu d’abord ces nuages, incroyablement massifs, blanc vif, tranchant sur le bleu du ciel… En les voyant, j’ai pris à partis ma compagne :
« – whaaa, t’es vu les nuages là bas !?…
– bah !… c’est un new dogma !
– ah bon. »

Je dois bien vous avouer que je ne m’attendais pas à celle là.

Bon, je ne me démonte pas pour autant, on retrouve mes beaux parents, et depuis leur immeuble, je me décide à consigner ces nouveaux dogmes en photo. Là ma belle mère de me dire :
 » – qu’est-ce que tu prends en photo ?
– les nuages là bas, génial, hein ?
– ah… les new dogma ? »

J’ai senti à cet instant une grande lassitude m’envahir, un état proche de la dépression. Est-ce si banal et si célèbre que tout le monde sache jusqu’à leur petit nom à ces nuages là…

En rentrant à la maison, et après avoir pris d’autres photos d’autres nuages, qui eux n’en étaient pas (des new dogma), j’ai googlé sur ces termes… rien n’est venu.

J’ai alors demandé des précisions, savoir si new dogma c’était katakana (l’alphabet japonais qui sert à écrire les noms étrangers) ou hiragana (l’alphabet japonais qui sert à écrire les noms bien japonais). Et j’ai commencé à comprendre que new dogma était en fait nyûdogumo : en mot à mot, les nuages qui prennent le chemin, en bon français, des cumulonimbus. Et ça, grâce à Alain Gillot-Pétré, membre fondateur du collège des présentateurs météo, je sais parfaitement ce que c’est.

入道雲 【にゅうどうぐも】 (n) cumulo-nimbus, colonne nuageuse (en été), 146665

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Fin de parenthèse, ouvrez les guillemets

On le savait, ça ne pourrait pas durer, après deux semaines de déconnexion presque totale, me voilà de retour au boulot. Je m’attendais à trouver dans ma boite mail pro quelques douceurs sur ce que j’avais dit que je ferrai pendant les vacances et que j’ai totalement oublié, et même pas, j’ai vraiment un chef en or.

Ca ne m’empêche pas d’avoir le moral dans les chaussettes et de ne pas trouver trop de goût à ce que je fais… bon ça va se tasser, hein !?…

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