Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Où je retrouve des amis

Et le soir du huitième jour de ces jolies vacances de mai dernier ?

Eh bien, le soir j’ai réussi à prendre un rendez-vous avec un des plus effervescent de mes amis qui se trouve habiter à Yokohama35.453792139.632330 (la ville où j’aurais aimé habiter si on m’en avait laissé le choix :). Artiste hors-pair, contrebassiste, bassiste, guitariste, flûte-traversièriste, pianiste et maintenant directeur de la photographie, talentueux dans tout ce qu’il entreprend, et pas qu’un peu. Le rendez-vous est donné à Sakuragicho à Yokohama35.453792139.632330 (je ne sais plus combien en métro, mais c’était cher, dans les 1000 yens je crois…). Le ciel qui était resté couvert toute la journée, laisse entrevoir un petit bout de soleil, ce qui n’empêchera pas la pluie de tomber sporadiquement.

On arrive à la nuit tombante, on repart la nuit tombée, entre temps on a mangé, des tempura (autour de 1300 yens), disserté sur ces escalators circulaires, fait un tour de grande roue (1000 yens), entendu longuement parler du « citron », hôtel sur le front de mer, bâtiment génial, où on peut voir tous ces gens dans leur chambre qui… et mangé d’un dessert (autour de 600 yens) dans un restaurant italien ou californien, ou peut-être les deux, et discuté, discuté, discuté…

Savez vous par exemple qu’il faut, en moyenne, 18% de gris pour faire une photo bien balancée, mais qu’on s’en fout pas mal. Que rien ne remplace la mesure de lumière faite avec un posemètre (l’idéal étant d’en avoir deux) sous le nez du sujet, surtout pas la mesure faite au niveau du capteur. Savez vous aussi que l’anatomie des japonais en font des hiboux en lumière rasante, du fait de leur nez peu prononcé…

Rendez-vous est pris aussi pour la virée du lendemain à Kamakura35.317867139.549592, mais au cas où ça ne se pourrait pas, on obtient sur un coin de serviette le nom des lignes de train et les stations clés.

Le retour se fait par la ligne Toyoko puis sur la ligne Hibiya, et ça donne l’impression de ne pas en finir. Petite incompréhension sur la façon d’utiliser le billet, il y a une feinte, en changeant de quai, on change de compagnie, on aurait du sortir pour utiliser notre carte de la journée (670 yens au lieu de 440).

Petite journée à 13000 yens de shinkansen, 8000 d’hôtel et 6480 en dépenses courantes, ouille !

Et on s’y habituerait presque, la carte de l’après midi, celle du soir, et celle de la journée

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Les adresses de Jiji

On en était resté à Tempozan de tes vacances planantes de mai, mais, et après ?

Le soir approche rapidement, et le rendez vous d’avec Jiji aussi. On arrive à Honmachi34.684816135.509834 avec une belle avance, qu’on meuble avec un café, 300 yens, puis avec un tour dans le quartier, petit shôtengai animé, le temps de laisser attendre un peu Jiji quand même au pied de l’immeuble.

Ce soir, la spécialité du restaurant est le tofu ; tofu sous toutes ses formes, chaud, froid, solide ou presque liquide, accompagné de mille manières. Le restaurant est incroyable et situé à quelques dizaines d’étages au dessus du sol. On mange dans de petites pièces privatives, la porte pour y entrer doit faire 1m30, pour forcer les invités à se courber en signe d’humilité en pénétrant dans la pièce. Pièce privative, mais avec ici une vue sur la ville superbe, on est en plein centre.

Pendant le repas, Jiji prendra une photo de moi qu’il m’offrira très satisfait de lui, le surlendemain. Je suis sûr qu’il l’a photoshopée, en me grossissant le pif et en me faisant une mine rougeaude du plus bel effet.

Et, non, vous la verrez pas. Je l’ai brûlée :).

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Une crèche pour le petit

Ma compagne vient de trouver du travail, et elle commence dès lundi.

Du coup on s’active un peu plus pour trouver une crèche. On a demandé à monter notre priorité sur les listes d’attentes des crèches municipales, mais en même temps, on entendait à la TV récemment qu’il y avait 900 enfants à Osaka en attente d’une place à la crèche… On n’espère que peu de ce côté là, surtout en milieu d’année. En septembre, ou en Avril (la rentrée scolaire est en avril au Japon), ça devrait un peu plus se dégager.

Aussi nous nous rabattons sur les crèches privées, non agréées par la mairie. Ce matin nous nous sommes rendus à une crèche située à 15 minutes de vélo de la maison. C’est une toute petite crèche. A vue de nez, le local doit faire ses 15m², dans le même temps, il y avait aujourd’hui (samedi) assez peu d’enfants. Et il y a des activités un peu tous les jours se déroulant à l’extérieur (piscine, jeux au parc, …). En plus, il y a un piano, et avec ça je sais que le petit sera content.

Coincidence amusante, il y avait là bas une petite fille qui a tout de suite flashé sur Téo qu’elle disait « kawaii » un peu tout le temps… et cette petite fille se trouve être de père français et de mère japonaise…

Juré, ce n’est pas moi le père !

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Mochi Tsuki

Le mochi, c’est une pâte faite à partir de riz pilé. Je vous en parlais déjà ailleurs il y a un an, puis lors de notre promenade à la campagne, où on distribuait des mochi lors du matsuri célébrant la fin des récoltes, et plus récemment, vous pouviez en voir au kuromon ichiba.

A l’occasion du shôgatsu (nouvel an), on décore les maisons de petits mochi empilés et décorés appelés kagamimochi. Une semaine après le nouvel an, on sert généralement ces mochi dans une soupe.

Le mochi, ça n’a pas vraiment de goût, ça a une consistance un peu farineuse, grumeleuse, c’est extrêmement compact, aussi solide que du chewing gum, presque impossible à couper avec les dents, et quand ça sort du bouillon, c’est aussi brûlant que de la raclette tout juste sortie du caquelon, aussi mou aussi, une vraie partie de patience pour sortir le plus dignement possible le morceau avec les baguettes. Je n’en suis pas un grand fan (sauf en truffe, entouré de chocolat), mais c’est une expérience intéressante…

Ce qui m’amène à vous parler d’une petite fête de quartier organisée un peu avant Noël pour la fabrication du mochi : mochi tsuki. Ca se passait en bas de chez Jiji-Baba, près de Higashikôen34.606720135.469708, et c’était très animé. Pour préparer le mochi, on martèle le riz avec une masse de bois (éventuellement à plusieurs, chacun son tour), pendant qu’une autre personne – forcement plus courageuse – vient mettre les mains pour replier la pâte. Les jeunes s’y essayent guidés par les anciens, et les hommes exhibent leur force à grand renfort de cris primaires.

C’est aussi l’occasion de boire du sake en mangeant de l’oden (sorte de pot au feu japonais, sans viande). Et comme lors de la fête de l’été, on n’était pas arrivé sur place depuis plus de 30 secondes, que trois gaillards m’ont abordé pour me mettre entre les mains (de force 🙂 un gobelet plastique rempli à ras bord de sake et dont on m’a expliqué en gestes qu’il fallait le descendre cul sec. Il était 10h du matin, et je bois peu habituellement… Sitôt le verre descendu, il fut aussitôt rempli à nouveau à ras-bord et on m’offrit en même temps un bon gros bol d’excellent oden.

Quelques minutes après, c’est un autre gars, qui me faisait beaucoup penser à Wooden Allen avec ses lunettes cul de bouteille, qui m’a abordé, pour savoir d’où je venais, ce que je faisais, et me dire qu’il était allé en Espagne. J’aime toujours autant ces rencontres impromptues avec des gens simplement curieux…

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Du mal à la gorge et du bien dans les oreilles

Alors que j’ai encore attrapé je ne sais quelle maladie honteuse (je suis sûr que c’est un collègue de crèche du petit qui m’a refilé ses boutons), le livreur est passé tôt ce matin pour me porter ce que j’attendais avec tant d’impatience.

J’avais commencé à me soigner la semaine dernière avec un spray pour la gorge : « nodonûru supurê (mini) ». Jusque là j’étais assez rassuré, le petit bonhomme à la bouille toute ronde a visiblement comme moi la gorge en feu. A l’usage, ce médoc est vachement fort, et apaise instantanément le mal de gorge. Par contre son effet aussi passe très rapidement. Et puis en revenant de chez le médecin hier, j’ai eu le droit à un beau petit cocktail médicamenteux. Et c’est qu’il faut de l’abnégation pour avaler tous ces comprimés dont on ne peut rien savoir. Je me rassure en me disant qu’en France non plus je ne comprenais rien à la composition des gellules, et qu’il faut bien faire confiance à ce médecin et à ses 20 ans de carrière.

Mais heureusement, ce matin, le livreur est passé avec des cadeaux plein sa hotte. Et ça c’est de nature à me faire passer tous mes maux juste le temps de le dire. C’est arrivé en deux cartons, l’un pour les enceintes, l’autre pour le compo. Et le livreur étant un simple livreur, j’ai même eu le privilège et le grand plaisir d’ouvrir les cartons moi même et d’installer le compo tout seul. Ca c’est du bonheur. Pour vous le faire partager, je vous passe quelques photos des cartons. Depuis maintenant 33 minutes et 24 secondes, j’ai de nouveau de la musique avec du vrai son dans les oreilles. Mais c’est décidé, bientôt j’achéterai le subwoofer (et les enceintes surround qui vont avec tant qu’à faire) pour donner encore un peu plus de couleur à Bona, Jaco et les autres :).

Mais quel bonheur mes amis ! Quel bonheur !

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Pipelettes

A la nouvelle crèche du petit, il y a deux petites jumelles très mignonnes mais qui surtout ont la langue bien pendue…

Tous les soirs alors que je vais chercher le petit, elles viennent m’accueillir, une à ma gauche, une à ma droite et me posent des milliers de questions, en stéréo. Leur curiosité se porte en particulier sur le fait que ce ne soit pas la maman qui vienne chercher le petit : et elle est où la maman ? elle travaille ? elle travaille où ? un bureau par là bas ? elle est pas à la maison ? Vient ensuite des questions sur le goûter qu’aura le petit à la maison, des explications sur ce qu’elles ont fait pendant la journée, et plein d’autres choses qui me passent à côté, c’est assez… dense.

En fait, ça me fait l’effet d’une sorte de machine (infernale machine) de révision accélérée en japonais, quand je ne répond pas à l’une parce que je répond à l’autre, la question de l’une m’est reformulée à l’infini. Et pas question de répondre d’une ellipse, non, il faut une réponse satisfaisant la curiosité des demoiselles.

Aurais-je mis un pied en enfer ?

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Ils sont tous à Kyoto aussi !

On poursuit la marche dans Kyoto34.986796135.758678 de dimanche dernier

On s’est ensuite enfoncé dans de petites ruelles bordées d’un ruisseau totalement asséché, qui, comme le sont la plupart des ruisseaux nippons dans les villes, est pavé de dalles de béton imprimées de motifs en reliefs, probablement pour ralentir les flux lorsque l’eau dévale la pente. La verdure ombrage tout le long de la rue rafraichissant l’air d’une manière toute agréable. On a remis un pied en été et la lumière est incroyablement directe.

Une maison-cottage-café donne quelques airs d’Angleterre à ce coin de rue, et probablement un passionné d’astronomie s’est construit ce qui ressemble à un observatoire miniature sur le toit de sa maison.

Un petit sanctuaire annonce le temple, et en tournant au coin de la rue, on se rend compte que notre premier objectif (le temple suzumushidera) attendra une autre fois… Des marques indiquent les temps d’attentes, et le bout de la queue frise le libellé « 2 heures »…

On prend une glace à 350 yens dans une échoppe non loin de là. L’obasan qui tient la boutique est très bavarde : « Oh ! Qu’il est mignon ! Et ah mais votre mari est d’où ? De France ? Ah, il y a un Suisse qui habite le quartier ! Vous prendrez ? Il est mignon quand même ! Une glace Macha et une Vaniira… Et mais au fait, ce ne sont pas les élections en France ? La semaine prochaine, oui… Ah mais que le petit est mignon ! Merci client sama, merci ! Votre mari est vraiment doué en japonais !* Il est mignon hein ? ». Discours dont la courtoisie contraste avec la rudesse du panneau scotché sur la porte des toilettes : « Pour utiliser les toilettes, nos honorables clients doivent justifier d’une note de 500 yens minimum, par personne. Il pourra être demandé une contrepartie financière aux contrevenants.« 

* Sauf que je n’ai pas prononcé un mot je crois 🙂

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Histoires comme ça

Hier soir, j’avais mon cours de basse. Comme à l’accoutumé, le cours se déroule tant bien que mal, mon prof joue des trucs, m’explique des choses dont je saisi moins de la moitié, j’essaye de suivre, et à la fin de l’heure on discute de tout et de rien en rangeant le matos…

moi : Oh ! J’ai vu ce week-end à Mikigakki une contrebasse électrique à 70000 yens !
lui : oh c’est pas cher !
moi : oui, c’est la première fois que j’en vois une dans ces prix…
lui : oui d’habitude ça commence plutôt dans les 200000 yens…
moi : oui, bon, mais la seule fois que j’ai eu l’occasion de toucher à une contrebasse, j’ai bien compris que c’était pas pour moi, impossible d’en sortir un son…

Ce genre de conversation, sauf qu’hier soir, après ces bonnes paroles, il me demande sans transition :

Ghismo san, vous avez peur des photos de fantômes ?

Il m’aurait demandé si j’aimais pratiquer le ski nautique en mangeant du chocolat que ça m’aurait fait le même effet. Passablement surpris donc, je reformule avec des mots dont je suis sur du sens :

moi : Watashi ha obake no shashin ga suki desu ka ?
(est-ce que j’aime les photos de fantôme ?)
lui : sô sô…
(oui oui)
moi : aa ! eetooooo…
(hum, bein c’est à dire…)

Et il enchaine en me disant que ce week-end il était allé avec sa mémé dans un onsen (source chaude) de plein air à la montagne, et il me montre des photos sur son PC. Des photos d’onsen à la montagne, peu de contraste, on comprend qu’il pleut, rien d’affolant donc, je m’attendais à voir des monstres difformes, des draps flottants, des ombres sans objet, du sang gicler… Non, une photo banale d’un jardin japonais dans un onsen japonais dans la montagne japonaise.

Puis il me désigne sur la photo des petites bulles qui me font lui répondre « oui, c’est de la pluie sur l’objectif »… Et nononon, ce n’étais pas ça, car la photo suivante, en intérieur, il y avait d’autres bulles, et les photos prises après être sorti de ce lieux n’en avaient plus… Que sa mémé l’avait appelé dans la nuit à 2h du matin pour lui parler de ces fantômes sur les photos, et que le temps qu’elle compose l’email (sa mémé est pas une rapide de l’email), les photos lui étaient arrivées vers 3h… Enfin, il m’en a raconté plus en 3 minutes qu’en 3 mois de cours…

Je pense qu’il a ressenti qu’il ne m’avait pas totalement convaincu, j’ai bien essayé de lui dire pour me rattrapper que cet été moi aussi je, enfin j’avais… mais non, c’était surement trop tard.

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D’un mois sur l’autre

Il y a un petit peu plus d’un mois, la toute petite nous a rejoint, l’occasion ce week-end d’inviter à la maison quelques amis pour un goûter autour d’elle (pour son premier moisiversaire comme on me le soufflait à l’oreille)… et un tout petit peu avant, on en était à se promener dans le quartier pour un premier de l’an sur le thème de l’impatience. Petite sortie de soir avec pour objectif de vous capturer le premier coucher de soleil de l’année 2008 sous nos latitudes*.

A quelques dizaines de minutes de marche de la maison, se trouve le temple de Takasakijinjya, temple qui gère la crèche du petit. Et si le temple est très petit il n’en reste pas moins très fréquenté ce jour là.

Les alentours du temple recèlent d’un jardin japonais digne de Kyoto34.986796135.758678 – dixit la coalition belle-famille – qu’on n’ira pas voir ce soir, mais aussi de rue entière bâties sur un modèle d’habitation unique. Ca fait un peu penser à certain quartiers populaires en Angleterre, par le côté répétitif, mais en plus cheap, et ça porte le nom de Bunkajyûtaku, habitations de la culture ; il y en a même à louer…

Sinon, ah oui ; mon épouse se remet à la vente sur ebay et a quelques magazines mangas pour commencer, on peut même grouper le port avec les articles de ma boutique !

Et alors, et ce premier coucher de soleil ?

* Oui, je sais, l’année d’avant, je vous avais servi le dernier soleil de l’année, ce qui était symboliquement bien plus réussi, mais il ne faut pas compter sur moi pour le premier lever de soleil 🙂

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Et tous les ans, c’est pareil

Tout comme l’an passé, à la même époque, on a fêté l’été dans le quartier, le soir au temple tout proche de Takasakijinja, et le matin dans la cour de l’immeuble de chez Jiji-Baba.

Takasakijinja, c’était hier soir, on y est allé en famille, et le petit d’abord apeuré par les echos des taiko distants, a fini la soirée très énervé en sautant dans tous les sens. Les Yatai sont de sortie, brochettes, castela (petits gateaux), pachinko pour enfants et divers jeux de pêche : super-ball, figurines, yoyo-kirakira. Les jeux sont maintenant tous à 300 yens, du temps où mon épouse était petite c’était tellement moins cher…

Dans les ruelles, on fait des petits feu d’artifice en famille, pendant que la rue principale voit aller et venir le grand Mikoshi soulevé, ballotté, tiré au son de « Itch’ ni no san… Wassshoiiii », rythmé par les taiko embarqués. L’ambiance fait penser à une kermesse, on s’y retrouve entre gens du quartier ; le reste de l’année, on s’adresse des bonjours et des considérations sur le temps qu’il fait en se croisant, ce soir on a plus de temps ensemble. C’est aussi le jour où on sort les caméras DV et les appareils photo des placards, c’est un jour important. Parmi les porteurs du mikoshi, je distingue un gaijin déjà croisé quelques fois dans le métro, et si l’an prochain, moi aussi je m’y essayais 🙂

Ce matin c’était la fête dans la cour de Jiji-Baba, là, pas de yatai, tout est gratuit, on est entre nous, et même si je détonne un peu dans le paysage, on s’occupe très vite de moi en me portant une bière que je n’osais pas aller demander au stand. La aussi on promène le mikoshi, un mikoshi pour enfants, modèle miniature de celui d’hier soir.

Le petit, timide comme le papa, n’ose d’abord pas monter dans le camion plein d’enfants, qui porte un des Taiko de la fête, malgré une envie visible. Et puis, ce sont elles qui m’ont retrouvées, les petites jumelles qui me faisaient la discussion quand j’allais chercher le petit à la crèche au printemps dernier, habitent le quartier, et m’adressent des grands signes de la main. Elles, sans aucune timidité, ont passé un long moment à jouer avec le petit dans le camion.

Un peu partout, des enfants armés de filets à papillon chassent les cigales qu’ils mettent dans des vivariums portables (en vente partout, on élève les insectes un peu comme animaux de compagnie visiblement ici). Les cigales font part de leur désapprobation très bruyamment et le vivarium qui se remplit toujours un peu plus fini par émettre un son de moteur de mobylette mal réglé mais plein pot.

Et puis, vient l’heure de la libération, on sent chez certains enfants un peu de peur à prendre dans les doigts ces insectes géants et bien vivants, des mains se reculent d’un bond du bocal, mais y retournent en espérant que les copains n’ont rien vu. D’autres y vont beaucoup plus directement. Une cigale finit dans la mayonnaise qui recouvre le senbei d’un petit. Rires. Et puis, jet de cigale-mayo en l’air pour la faire s’envoler, celle ci y parvient lourdement et sans parvenir à maintenir un cap précis, se pose où elle peut, poursuivie par les gamins qui ont repris leurs filets, trouvant son vol marrant et voulant la récupérer pour recommencer.

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