Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Il y en avait quatre !

Suite de la petite série consacrée à notre week-end à la campagne.

Le soir suivant se tenait à Tsuwano34.479392131.759033 un festival qui s’étalait sur le week-end. Au programme : Illuminations, Kagura, et dégustations (gratuites !!) de sake et de choses qui se mangent. Après une fin d’après midi trèèèèès calme, je piaffait d’impatience de m’y rendre.

En fait d’illuminations, la ville avait sorti ses lampions pour baliser le chemin, et à quelques endroits, des commerçants avait fait l’effort de sortir la lampe du salon dehors avec quelques compositions florales pour rendre la chose plus inhabituelle. Et malgré le côté rudimentaire de ces décorations, ça marchait assez bien, et le petit a beaucoup joué tout le long du chemin à regarder les bougies par le dessus en poussant de grands cris émerveillés.

Ci et là des tables sont sorties dans la rue, et on nous propose à boire et à manger. Tout est gratuit, il faut dire qu’à cette période de l’année, on est entre soi à Tsuwano34.479392131.759033. Certains se promènent en geta dans le peignoir de l’onsen du coin. Pourtant, même en veste, il faisait froid à la campagne, on est loin de la chaleur persistante d’Osaka.

Et nous arrivons devant la scène du Kagura (il s’agit d’un art originaire de la région de Tsuwano34.479392131.759033, entre danse, théatre et rites religieux shintoistes). Ca fait déjà plusieurs centaines de mètres qu’on entend les musiciens : quelques percussions, une flute folle, une narration chantée, et en s’approchant, on peut voir deux acteurs vêtus de splendides costumes et portant des masques et perruques absolument incroyables. C’est le premier spectacle, j’entends quelques commentaires à côté de moi qui disent qu’un homme s’affronte avec un kamisama. Comme beaucoup d’arts traditionnels japonais, c’est très codifié, et on passe à côté de beaucoup de chose, on n’en perçoit que la forme.

Petite pause, on apprend que les acteurs (et les musiciens) sont des lycéens qui se préparent à concourir dans je ne sais quel festival de Kagura. On entend aussi dire au micro le nom de chacun des bienfaiteurs (ceux qui ont laissés une petite enveloppe ou un (gros) billet dans un bol devant la scène), et on nous annonce le clou de la soirée : la représentation de « Yamata no Orochi« , et la venue des serpents sur la scène. Dans la légende, le serpent a 8 têtes, mais il est rare que 8 viennent sur scène, un ou deux c’est déjà très bien (aussi, la première question de ceux qui ne s’étaient pas déplacés dans la famille c’était : Combien de serpent ?).

Et chose impensable pour une si petite ville : ce sont 4 serpents qui ont envahi la scène sous des applaudissements de plus en plus nourris. Et ils ont tout pour impressionner : leur taille démesurée, les yeux injectés de sang qui s’allument, des mouvements rapides en direction d’un public très réactif, et même ils crachent le feu (enfin, comme les gateaux d’anniversaire savent aussi le faire) !

Le petit n’a pas bougé d’un cil lorsqu’un des serpents lui a foncé dessus – même pas peur, et on a tous salué son courage. Mais dans la nuit, il s’est réveillé en criant et en tapant sur la porte de la chambre « Baba ! Baba ! Baba ! »…

Naramachi

Le week-end dernier, nous sommes allés à Nara34.683793135.835669 pour voir les cérémonies de Omizutori au temple Todaiji. Du fait des déclarations d’impôt, mon épouse travaillant dans un bureau d’expert comptable n’a plus ni soirée ni week-end depuis plusieurs semaines, c’est donc avec le petit et Jiji-Baba qu’on s’est rendu à Nara34.683793135.835669, retrouvant là bas la très vivante cousine du petit et ses parents.

Si les cérémonies se déroulent le soir, on est arrivé à Nara34.683793135.835669 en début d’après midi et on s’est promené dans la vieille ville : Nara34.683793135.835669machi. En fait de vieille ville, Nara34.683793135.835669machi abrite quelques maisons anciennes. Le paysage est fait de bois foncé délavé, de tôles rouillées, de toitures défoncées, de torchis abîmés et de petites maisons individuelles plus ou moins anciennes, plus ou moins rénovées, plus ou moins dans un soucis d’exactitude historique.

Deux pauses dans cette promenade. La première dans un complexe temple-musée-magasin à la décoration chargée. Difficile de décrire ce lieu, une maison particulière ancienne toute en longueur avec deux entrées donnant sur deux rues différentes, une sorte de temple privé à un bout, plein de statues de singes ou de divinités, où la prière coûte 100 yens (c’est écrit sur l’urne qui récolte les pièces). En rentrant dans le magasin, on passe d’abord par une sorte de musée exposant de vieux objets usuels, des cendriers antique, des fers à repasser, des trucs pour machiner aussi, et un peu plus loin des assiettes de 2m de diamètre estimée à quelques dizaine de millions de yens… Un vieux gardien crie « Damé ! (Interdit !) » sur des enfants un peu trop actifs. Si bien que lorsqu’on arrive à la partie boutique, on n’a plus très envie de s’éterniser…

Un inoffensif bonhomme qui fait un peu penser à François Hollande avec un bouton sur le nez propose ses portraits à l’encre pour 500 yens. Baba qui a apprécié les exemples exposés tient absolument à ce que le petit reparte avec le sien… Un dessin que je n’ose à peine regarder qui défigure totalement le petit. Au plus je le regarde au plus je vois le visage de l’artiste dans son portrait… Allez imaginer le petit avec la tête de Hollande, ça fait bizarre un peu…

Et la suite de la promenade c’est pour demain 🙂

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Ma nouille instantanée

Yokohama a son musée du Râmen, reconstitution d’une place de village de l’ère Showa, avec ses boutiques proposant les spécialités du Japon tout entier. Yokohama35.453792139.632330 toujours, a son musée du Curry, reconstituant une cale de navire faisant la liaison avec les Indes.

Osaka n’est pas en reste et abrite sans rire, un musée du Râmen instantané : The Momofuku Ando Instant Ramen Museum.

Et on y trouve la collection complète des packaging de nouilles chinoises depuis leur invention par Momofuku Ando en 1958 (et ça en fait quelques uns), une reproduction grandeur réelle de sa cabane de jardin l’atelier où il eu le coup de génie, et les cinq principes qui ont conduit à la création de cette révolution alimentaire : bon au goût, facile à préparer, conservation longue, sûreté alimentaire, et de bon marché. C’est un musée d’entreprise, pas de débat à attendre sur ces points.

La partie musée n’est pas vraiment barbante, c’est plein de jeux pour les enfants, des tables ronde rétroprojetées avec des gamepad aux quatre coins proposant des quizz collectifs, sur les murs des manivelles dévoilent des réponses aux questions peintes à côté, ça clignotte, et c’est plutôt très bien fait même si le contenu n’est pas très profond.

Mais là où tous se pressent et où les queues s’allongent, c’est aux ateliers. Ateliers confection de râmen, par session de 90 minutes, nos petits sont encore un peu petits pour rester autour d’une table aussi longtemps, aussi, on s’est rabattu sur la confection de son propre cup noodles. 300 yens et on vous donne une boite vide, des marqueurs pour la personnaliser, et on peut choisir la soupe parmis les quatres parfums de la marque, ainsi que quatre toppings.

Bien sûr, un gaijin qui demande quatre doses de fromages comme topping, ça fait réagir derrière le comptoir.

« Vous aimez le fromage vous… »

Sur le chemin entre la gare et le musée, un restaurant de râmen… quelle bonne idée ! Idée qu’a eu la marque qui tient aussi le musée (et c’est une chaîne, il y en a un peu partout). Et on sent qu’ils ont voulu se racheter sur le côté qualitatif, c’est véritablement excellent, et, pour la première fois que je suis ici, j’ai pu choisir la cuisson des pâtes.

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Au sommet

Nous avions affrété pour l’occasion une première équipe d’une vingtaine de sherpas pour porter le bivouac, ainsi qu’une équipe bis pour assurer le remplacement des hommes morts pendant l’ascension. L’objectif fou que nous nous étions fixé : gravir le Mont Tempôzan34.655168135.429496 par la face ouest (la face nord étant vraiment impraticable, surtout avec la poussette).

Le mont Tempôzan34.655168135.429496 culmine à 4.53m et figure à ce titre sur les cartes comme la plus petite montagne Japonaise (et on ne rigole pas au fond, c’est très sérieux).

Tellement petite que la difficulté principale de l’ascension a consisté à trouver la dite montagne parmi les mottes de terres avoisinantes. Ce n’est pourtant pas faute de marquage, de panneaux indicateurs, de flèches et de plans. Dès la sortie du métro, sur le quai on nous confirme l’existence de ce mont vertigineux.

Bien entendu une telle expédition mérite un certificat, certificat offert par le « Tempôzan Alpine Club » pour quelques 10 yens et quelques timbres. C’est vrai que dans l’imaginaire Nippon, cette montagne est quand même bien plus dodue.

Voici donc comment j’ai débuté ma carrière d’alpiniste professionnel.

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Glande érection (ou invelsement)*

Il y a eu dimanche dernier des élections à Osaka comme dans d’autres villes du Japon. Ce qui a quelques effets détestables, comme celui de voir réélu le maire de Tokyo35.673718139.697556, mais a surtout l’effet très positif de faire taire les fourgonnettes de campagne qui pendant plus d’une semaine quadrillaient la ville.

Imaginez vous avec sous vos fenêtres, toutes les 5 minutes, une fourgonnette surmontée de plusieurs haut-parleurs de foire (ceux qui ne donnent que dans les medium pour porter plus loin), et à l’intérieur de laquelle un candidat et une de ses représentante fait signe coucou de la main à tout ce qui se promène alentours, en hurlant dans les HP (avec une exaltation qui m’a inspiré ce titre) : « GHISMO ! GHISMO ! GHISMO ! VOTEZ POUR GHISMO ! SIOUPLAIT, GHISMO ! MERCI BEAUCOUP C’EST GHISMO QUI VOUS REMERCIE ! »

Au début ça fait sourire, mais dès le deuxième jour, on trace des traits sur le mur en espérant qu’il existe une loi qui impose une trève à quelques jours du scrutin ! De ça, il n’y a pas. D’autant que les agressions vont crescendo tant en volume sonore qu’en fréquence de passage. Dès le 3ème jour de ce petit manège on avait régulièrement des voitures venant de toutes les directions en même temps.

Des voitures, mais aussi des gens à pieds ou à vélo, ceux la sont moins offensifs (car moins équipés), mais provoquent une surenchère de décibels de la part des fourgonnettes lorsque les deux se croisent.

Parfois aussi les fourgonnettes s’arrêtent, et le candidat sort faire un discours, écouté la plupart du temps par à peu près personne ou alors de sa seule claque.

Une petite vidéo (qui n’a aucun sens sans le son) pour vous plonger dans l’ambiance ; rassurez vous, ça ne dure que 2’20.

* Comme vous le savez peut-être, en japonais, les R et les L se confondent. Ce qui me permet en toute impunité de vous sortir ce genre d’horreur et de travailler du même coup mon référencement l’air de rien !…

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Visite faite à Piccator en ses terres

C’est à 10h que j’arrive en gare d’Umeda, accueilli par le « o-ha-yo-go-za-i-maaaaa-su » du staff d’une boutique de mode. Tout les matins il doit en être ainsi, le personnel de la boutique remercie le client potentiel d’une salutation coordonée à inclinaison de 82°. Le client potentiel, hier, c’était moi, surpris d’avoir été hélé de la sorte (et quelques centaines d’autres, habitués)…

Un peu après dans le train, un petit pépé entre avec un caniche abricot dans un sac, provoquant instantanément un vent d’admiration kawaïste dans tout le wagon. Ce qu’elles étaient contentes ses obasan voisines d’avoir été élues pour pouvoir caresser le doux animal. Celle de gauche surtout, qui pendant tout le voyage n’en pouvant plus, affichait un sourire jusqu’aux oreilles et, à chaque 10 secondes, hochait la tête d’un mouvement volontaire pour appuyer ses « Ne ! Kawaii ne ! » envoyés un coup à gauche, un coup à droite, un coup au milieu pour obtenir le consensus du reste du wagon. Le toutou, son maître et ses voisines sont descendus au même arrêt, et je pense qu’avec quelques années de moins, ce beau monde aurait probablement fini dans un love hotel voisin tant l’excitation était palpable ! 🙂

Deux petites anecdotes sur le chemin qui me conduisait hier à Kobe34.691380135.195693 où j’ai passé la journée avec Piccator. J’ai un certain nombre (un nombre certain) de photos et cette nouvelle blogger party pourrait bien générer quelques posts cette semaine…

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