Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

L’odeur du tatami vert

C’est semble-t-il une odeur qui reste ancrée longtemps en mémoire, attendant pour remonter à la surface que l’on se retrouve à nouveau en sa présence. L’odeur du tatami neuf.

On a refait les tatamis chez Jiji-Baba, et on pourrait le dire dès qu’on entre chez eux :

– Oh vous avez changé vos tatamis !?…
– Oui c’est vrai, ça sent bon n’est-ce pas !…
– Très bon oui.

Petite scénette qui doit se répéter chaque jour un peu partout au Japon depuis bien longtemps.

En plus de l’odeur, il y a la fraîcheur de la couleur. Des tatamis neufs ça affiche un beau vert tendre qui tourne au crème au fil du temps. Ceux de la maison sont déjà éventés, alors pendant quelques temps, il y aura comme un magnétisme à se rapprocher de la pièce d’honneur quand on ira rendre visite aux beaux-parents.

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De Sumiyoshi à Mandaiike (première partie)

Il m’arrive parfois de consulter google earth pour trouver une destination de promenades… C’est ainsi que j’ai découvert « Mandaiike ». Quand j’ai montré la vue aérienne à mon épouse, elle a très vite reconnu le lieu, et quand je lui ai demandé si on pouvait y aller le week-end, elle m’a répondu d’une petite moue : « Bah mais ya rien là bas… » en ajoutant tout de même « par contre, les cerisiers y sont beau ».

Pour se rendre à Mandaiike34.619400135.502109, on passe par Sumiyoshi34.613312135.486767, ceux qui me lisent connaissent déjà bien, c’est un des lieux d’Osaka que j’ai le plus photographié (et ce n’est pas fini). Là on prend le chinchin-densha pour quelques stations.

Après quelques ballotements, bruits de clochettes, grincements divers, on arrive très vite à destination, le reste se fait à pieds, et on se retrouve face au lac après quelques centaines (dizaines ?) de mètre. Et, c’est bien vrai, il n’y a rien ! Pas vraiment de bruit, un scooter qui passe au loin, une voiture de temps en temps, quelques cris de corbeaux, ça fait presque bizarre… Et devant les yeux ce n’est pas beaucoup plus dense : un lac, trois ilots, quelques jeux pour enfants, quelques maisons, une maison de retraite, des pécheurs, quelques joggeurs, le lac parait beaucoup plus petit que sur google earth. Un détail qui m’avait échappé, on est encore en hiver (plus pour très longtemps) et les arbres sont nus, vu du ciel, avec des feuilles, ça le faisait beaucoup mieux.

On y retournera au moment où les cerisiers seront en fleur (et pour ceux que ça intéresse, les pruniers sont actuellement en fleur à Osaka, et la saison semble assez précoce cette année, d’après Baba, il se pourrait bien que les cerisiers donnent début avril)…

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Rokko san

Il m’en reste des vacances super-extra, vous en reprendrez bien un peu ?

A Sannomiya, prendre le train local pour Rokko (dans les 200 yens), prendre un fou-rire qui ne nous quittera pas du séjour à cause d’un lycéen pris d’une crise d’éternuement, à chaque nouvelle explosion, il nous est de plus en plus difficile de cacher qu’on se rit de lui, prendre un fard collectif, lui comme nous, et descendre à la même station. Par hasard. Penser qu’il pourrait avoir envie d’en découdre, ce n’est pas le cas, juste de disparaître.

Puis un bus nous conduit au pieds du cable-car (200 yens puis montée-descente pour 1300 yens). Un train étonnant, en pente qui plairait assurément au petit. La montée nous fait découvrir Kobe34.691380135.195693 de toujours un peu plus haut dans les ballottements et les grincements de l’appareil. Le point d’orgue survient lorsqu’on croise le wagon qui descend, l’espace d’un instant on se demande un peu comment on va pouvoir se croiser sur ce rail unique. Il se dédouble.

En haut, une gare dans un style moderne d’il y a longtemps, son unique magasin à omiyage, ses distributeurs à boisson qui n’ont pas – justement – celle qu’on voulait (un jus à l’aloe), un petit temple à renards à côté, et la terrasse panoramique avec son café fermé. On décide de chercher à se perdre un peu dans les environs, découvrant ainsi derrière les piles d’un téléphérique un petit hameau accroché à flanc de montagne. On descend les escaliers où on croise un petit pépé visiblement inquiet qui nous dit que ça ne va nulle part. Je le rassure en lui disant que la vue est belle et qu’on compte prendre des photos au bout avant de remonter. Salutations distinguées.

Une fois de retour en bas, alors qu’un des bus arrive, deux japonaises plutôt très mignonnes nous indiquent que le bus arrive et qu’on doit prendre celui là (200 yens). Je pensais plutôt prendre l’autre ligne, après une brève discussion, elles ont raison, on monte ensemble. Avant notre arrêt elles se retournent dans le bus pour nous faire signe qu’on doit descendre. Merci bien, vous faites quoi ce soir ? (ah si je n’étais pas si timide…)

Arrivé à Umeda34.7025135.49793, je m’étais trompé sur le prix du billet du retour. La Miss est passé en trombe déjouant la machine qui s’est refermée après son passage, pour ma part, j’ai du faire l’appoint avant de pouvoir passer (dans les 300 yens pour le retour).

Et puis, comme toujours, 270 yens pour rentrer à la maison, bilan du jour : 4150 yens ; Ouch !

Bah, et les cartes, faut les réclamer quand j’y pense pas ! Le matin, l’après midi, la journée…

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Regarder les fleurs

Toute la blogosphère nippone en parle : les cerisiers sont de retour, c’est encore timide, mais on peut déjà en profiter un petit peu. Vendredi en conduisant le petit à la crèche, je me suis arrêté au parc de Suminoekôen34.609952135.473860, tout près de la maison, il y avait plus de bourgeons que de fleurs, mais dès le samedi, ça s’est beaucoup développé.

Nous sommes allés samedi à Nishinagahori34.675804135.487250, plus au centre de Osaka. Il y a là bas un jardin public avec un temple où j’ai déjà pris quelques photos. Et à l’occasion du Ohanami (activités festives sous les cerisier qui signifie « regarder les fleurs »), les Yatai étaient de sortie.

Le soir, nous sommes retournés à Suminoekôen34.609952135.473860, pensant y trouver quelques éclairages et un peu de monde. En fait, rien. Rien d’autre que nous sous les cerisiers, ce qui est déjà ça…

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De Bon Good

La pâtisserie d’en bas de chez nous a le bon goût de s’appeller « bon good ». Comme dans toutes les pâtisseries au Japon, on y trouve toutes sortes de pâtisseries, allant du classique « Anpanman Pan », au pain « saucisse-œuf-bacon », en passant par le « melon pan » (avec ou sans crème) et la baguette viennoise fourrée à la margarine aromatisée.

On trouve aussi assez régulièrement au Japon (et pas seulement chez Bon-Good) du Kouign’amann, dont voici l’interprétation de bon good. C’est plutôt réussi, assez fidèle au modèle breton, bien qu’un peu léger en beurre pour un presque-breton* en exil.

* Personnellement je pense que l’éternel débat « Nantes est-elle en Bretagne ? » est bien mal posé. Nantes est incontestablement en Bretagne, peut-on en dire cependant autant de La Baule ? La Baule qui devrait administrativement se situer dans le 75 plutôt que dans le 44.

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La goutte au nez

Goutte qui a fait déborder le vase.

Il y a au super d’en bas, au niveau des caisses des petits chiffons que les caissières utilisent pour nettoyer leur outil de travail. Le petit a toujours aimé les tripoter, ce qui a pour effet de faire rigoler la caissière, et nous, de montrer un petit peu de fausse autorité : « Rhooo, encore, c’est pas bien, repose donc ce chiffon… »

Un jour alors que je faisais avec le petit des courses au super d’en bas, en passant en caisse, je lui ai fait remarquer qu’il avait le nez qui coule. Chose commune depuis qu’il va à la crèche.

Et comme toujours il a attrapé le chiffon, et d’instinct, l’a porté à son nez et s’est mouché dedans.

« Poûûûû. »

Et il vous aurait fallu voir la tête de la jeune* caissière, le petit sursaut de sourcil et les yeux qui plissent. Pathétique.

*j’ai en effet d’autres critères que la longueur de la file pour choisir ma caisse

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Naramachi

Le week-end dernier, nous sommes allés à Nara34.683793135.835669 pour voir les cérémonies de Omizutori au temple Todaiji. Du fait des déclarations d’impôt, mon épouse travaillant dans un bureau d’expert comptable n’a plus ni soirée ni week-end depuis plusieurs semaines, c’est donc avec le petit et Jiji-Baba qu’on s’est rendu à Nara34.683793135.835669, retrouvant là bas la très vivante cousine du petit et ses parents.

Si les cérémonies se déroulent le soir, on est arrivé à Nara34.683793135.835669 en début d’après midi et on s’est promené dans la vieille ville : Nara34.683793135.835669machi. En fait de vieille ville, Nara34.683793135.835669machi abrite quelques maisons anciennes. Le paysage est fait de bois foncé délavé, de tôles rouillées, de toitures défoncées, de torchis abîmés et de petites maisons individuelles plus ou moins anciennes, plus ou moins rénovées, plus ou moins dans un soucis d’exactitude historique.

Deux pauses dans cette promenade. La première dans un complexe temple-musée-magasin à la décoration chargée. Difficile de décrire ce lieu, une maison particulière ancienne toute en longueur avec deux entrées donnant sur deux rues différentes, une sorte de temple privé à un bout, plein de statues de singes ou de divinités, où la prière coûte 100 yens (c’est écrit sur l’urne qui récolte les pièces). En rentrant dans le magasin, on passe d’abord par une sorte de musée exposant de vieux objets usuels, des cendriers antique, des fers à repasser, des trucs pour machiner aussi, et un peu plus loin des assiettes de 2m de diamètre estimée à quelques dizaine de millions de yens… Un vieux gardien crie « Damé ! (Interdit !) » sur des enfants un peu trop actifs. Si bien que lorsqu’on arrive à la partie boutique, on n’a plus très envie de s’éterniser…

Un inoffensif bonhomme qui fait un peu penser à François Hollande avec un bouton sur le nez propose ses portraits à l’encre pour 500 yens. Baba qui a apprécié les exemples exposés tient absolument à ce que le petit reparte avec le sien… Un dessin que je n’ose à peine regarder qui défigure totalement le petit. Au plus je le regarde au plus je vois le visage de l’artiste dans son portrait… Allez imaginer le petit avec la tête de Hollande, ça fait bizarre un peu…

Et la suite de la promenade c’est pour demain 🙂

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Jyûmbann !

Jyûmbann, ça se prononce un peu « djyouhoummbannn » (avec une sorte d’explosion sur le ba, en faisant durer le ouhou les mm et les nnn) et ça signifie quelque chose comme : « dans l’ordre« , « chacun son tour« , « chaque chose en son temps » ; ce soir en rentrant de la crèche avec le petit, je lui demandais :

– Alors, et qu’est-ce qu’on va faire en rentrant à la maison ? On va prendre un p’tit goûter ?
– Eetôô, Ampandi, miru kara… Jyûmbann ! Jyûmbann ! Ampandi miru. Jyûmbann ! Wakatta ?
(euh… après avoir vu Andy Pandy… Jyûmbann ! Jyûmbann ! On regarde Andy Pandy. Jyûmbann ! T’as compris ?)

Au moins, je sais ce qu’on lui rabâche à la crèche, maintenant… Jyûmbann ! Wakatta ?

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Et le jeudi, c’est Nihongo !

Depuis que je suis arrivé ici en juin dernier, tous les jeudis, je vais dans une école du quartier pour suivre un cours de japonais. Les enseignants (sensei) sont bénévoles, les cours sont gratuits et bien qu’ils se déroulent dans une salle de classe, ils sont individuels. A chacun son sensei, donc. En ce qui me concerne ça fait quelques semaines que j’y travaille seul mes kanji, mon sensei n’a pas une disponibilité débordante.

Mais c’est assez amusant de venir dans une vraie salle de classe d’une école japonaise. Ici, on se déchausse en entrant et on passe des petits chaussons en plastoc vert, les mêmes pour tout le monde. Au fond de la salle de classe sont affichés aux murs ce que j’imagine être les portraits des proviseurs. Il y a également dans les armoires une flopée de trophées et médailles ainsi qu’un tas de manuels scolaires empoussiérés.

Dernièrement, on a vu apparaître dans la salle un, éventuellement deux chauffages au gaz. Et ce qui me sidère assez, ce sont ces tuyaux de gaz qui parcourent librement la salle de classe, et cette jointure au milieu pour alimenter les deux appareils… Il parait que ce sont les élèves qui installent eux-même les chauffages…

Je sais pas vous, mais moi, ça ne m’inspire guère confiance…

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