Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Plus bimbo que jamais !

Ne vous y méprenez pas, bimbo n’a en japonais pas le même sens qu’en français. On me dit souvent que je suis « Ichiban bimbo », ce qui signifie que je suis le plus fauché des fauchés. Pas que j’ai une poitrine sur-développée et de longs cheveux blonds.

Ca qui m’amène à vous parler de ça : aujourd’hui, on a entrepri de remonter des poubelles ce meuble en parfait état qui me faisait de l’oeil depuis quelques jours et que je voyais bien remplacer ce carton Dell qui me servait de table basse dans le bureau.

Et – erreur – on a fait ça en plein jour, du coup, des rangées de gamins se pressaient par dessus les rembardes pour observer, non sans commentaire, ce curieux manège d’un gaijin qui ramène les poubelles chez lui.

Déjà que dans les couloirs il se dit que c’est quand même bizarre, que ce gars là ne porte jamais de cravatte ni de complet noir, qu’il passe ses journées à la maison, qu’il ne travaillerait donc pas… Bref cet épisode va surement alimenter l’imaginaire du voisinage !

Bon, mais je m’en moque bien, car une fois nettoyé, passé à la cire, j’ai dans mon bureau un élément de mobilier très pratique, je trouve plutôt sympa, en vrai bois, avec des prises de courant intégrées, qui a même prévu un emplacement pour mon matériel musical. Et puis, en le nettoyant, on y a même retrouvé quelques photos secretes qui s’y cachaient, et ça, ça flatte le voyeur qui est en moi !

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Des tours et détours

J’essaye de changer de route un peu tous les jours en rentrant de la crèche. Déjà, ça me permet petit à petit d’en savoir un peu plus sur le quartier. Ca permet aussi de ne pas trop laisser s’installer la routine du quotidien.

Oh! Pas souvent de gros détour, parfois je change juste d’une parallèle, parfois aussi je pars à l’opposé pour quelques minutes, et parfois je pique à l’est. Il m’est arrivé aussi de planifier un chemin en le regardant du ciel sur google earth. Mais la plupart du temps c’est assez improvisé.

Aujourd’hui alors qu’à la tv on nous annonce un front nuageux qui vient de l’ouest, chargé de pluie et d’électricité, je me suis donné un peu de temps pour partir à l’est direction sumiyoshitaisha. Ce soir, je sais que je baisserai probablement les yeux en rentrant avec le petit. Alors j’ai pris un peu de plaisir par anticipation.

J’aime beaucoup ce quartier constitué de petites baraques vieillissantes, ce n’est pas la première fois que j’en parle (surement pas la dernière non plus, j’ai en stock des photos pour l’hiver). On est souvent surpris ici par tout un tas de petits détails, de la signalétique, de la verdure florissante, des décorations impromptues. J’y ai même croisé aujourd’hui un canard en cage, à l’entrée d’une petite bicoque.

Et puis, il y a le tramway aussi qui porte ici le nom de chinchindensha, ce qui fait bien rigoler les enfants, on s’en doûte (tchintchin, en France c’est pour trinquer, au Japon, ça se traduit par zizi).

Et puis, il y a un passage commerçant couvert (shôtengai). C’est quelque chose de très courant au Japon ce genre de passage. Sur plusieurs centaines de mètres (parfois plusieurs kilomètres), dans une rue commerçante, les deux côtés de la rue sont reliés par un toit. Une sorte d’éco-système (éco au sens économique) très particulier, où les boutiques proposent tout ce que le Japon produit d’original, de la nourriture, de l’artisanat, quelques cafés pour obasan, le tout dans une enfilade sans fin, où les sons ont une résonnance particulière et où la vue et l’odorat sont flattés par tant de nouveautés. Celui ci est très sympa, et il présente même quelques bifurcations qui lui donnent un petit côté labyrinthique.

Il y a le temple aussi, et visiblement il devait y avoir hier un matsuri ici, quelques yatai attendaient d’être démontés. Une obasan priait au pied de chacun des arbres portant les couleurs de l’automne. Clap, clap, deux claquements de mains, et on voyait très clairement à son expression, que les feuilles qui tombaient sur elle à ce même moment était porteuses d’un présage heureux.

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Automne au palais impérial de Kyoto

Suite de la rencontre avec David et Thomas

Comme promis, quelques couleurs automnales dérobées dans le parc du palais impérial de Kyoto34.986796135.758678 pour clore la naration notre petite promenade dominicale. Et dimanche, il y avait du soleil, et c’est quand même autre chose qu’avec un temps gris !

Photos sans commentaires ou presque.

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Pour revenir de Kobe

Suite de la promenade dans Kobe34.691380135.195693 avec Piccator

On en était où déjà ?… Ah oui !

Très tôt dans l’après midi j’avais remarqué ce bâtiment très particulier, sorte de cathédrale romane de 40 étages, austère, massive, rectiligne, avec ses petits clochetons triangulaires et ses vitraux sur toute la hauteur du bâtiment. Le bâtiment est imposant et il se remarque de loin. Pendant une bonne partie de l’après midi il ressurgissait de temps à autres, si bien que sur le retour on s’en est rapproché pour en avoir le coeur net : s’agissait-il d’un department store, d’un hôtel (love ou non), d’un lieu de culte, d’un bâtiment institutionnel… Le batiment se trouve loti en plein milieu d’échangeurs sur plusieurs niveaux et de plusieurs natures. Ca grouille de vie une ville.

Le retour en train de nuit fait un peu penser à ces jeux vidéos des années 80, en 3D non pleine, les lampes des immeubles à flanc de coteaux formant des surfaces qui glissent les unes sur les autres, on peut sentir ainsi la profondeur là où dans la plaine d’Osaka qui ne tarde pas à arriver, l’oeil ne passe pas le premier plan tout proche.

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Pimpom !

Tiens ! Déjà que cette année je n’écris pas souvent, mais si en plus, j’oublie de publier les billets que je rédige… Petit billet écrit il y a 3 mois, rescapé des archives ! :S Billet qui disait :

Pimpom !

Ce matin, vers 8h30 on a sonné à la maison. « Tiens, tu attends quelque chose ? » lançais-je à mon épouse, « Non » me revint en réponse, « Ce doit être mon exemplaire de Made in Tokyo35.673718139.697556, le livre de Frédéric Gautron imprimé chez Blurb » poursuivais-je. Je le savais en route, mais je ne l’attendais pas de si tôt.

En voyant arriver la livreuse et en découvrant la taille du colis, ça ne devait pas être ça. Sur le carton, des motifs en forme de raisins et écrit sur un sticker « Yamaguchi ». Déduction simple, les arrières-grands-parents Des Petits ont pensé à nous pour la saison du raisin… Déduction exacte.

Ce matin, je voulais vous parler de cela, de la drôle d’impression de me retrouver en enfance quand à la maison on venait nous livrer des colis qui venait de ma tante boulangère en Picardie. Et de penser au charme un peu désuet de ces cadeaux en nature, du raisin en Septembre, du riz aux étrennes

Et puis, en début d’après midi : Pimpom !

« Peut-être mon exemplaire de Made in Tokyo35.673718139.697556 » pensais-je alors en résonance avec l’aventure du matin. Je ne l’attendais pas de si tôt pensais-je en même temps.

Sauf qu’à l’interphone, ça commençait comme un commercial tentant de placer un produit véreux. « Et excusez moi de vous déranger alors que vous êtes si occupé, et désolé de vouloir vous donner gratuitement pendant deux semaines mon crobozarus mécanique à piles, et pardonnez moi de vous demander pardon encore »… Dans ces cas là je ne comprend jamais le japonais, ce qui ensable suffisamment la machine pour l’enliser.

Sauf que quelques minutes après : Pimpom !

Cette fois ci, je n’y croyais plus à mon exemplaire de Made in Tokyo35.673718139.697556 de Frédéric Gautron. J’avais tort, car c’était bien lui, un peu en avance, et il est superbe !

Voilà vraiment un livre que j’aimerais avoir en vente sur ma petite boutique et qui n’aurait rien à jalouser à ses illustres voisins (je parle des Nakano et des Tsuzuki, parce que pour le coup je regarde avec beaucoup plus de modestie mes productions personnelles…).

Made in Tokyo35.673718139.697556 présente Tokyo35.673718139.697556 et le Japon de l’auteur sous une dizaine de déclinaisons, depuis la photo d’archi brute, sans artifice, jusqu’à ses incroyables ensembles urbano-végétaux qui projette la ville dans une tout autre dimension, fantastique, futuriste, parfois les deux à la fois, en passant par une jeunesse nippone figée dans le flou du mouvement. Dix séries pour autant d’années de photographie dans ces lieux, superbement présenté et commenté dans ce livre à la composition soignée. Je dois dire que j’apprécie grandement le travail de Frédéric Gautron, dont je suis le blog depuis… et ce livre vient pour le confirmer !

Pour vous faire plaisir, c’est ici !

Note du jour de la mise en ligne : in extremis, si vous le commandez aujourd’hui en express, il peut vous être livré à Noël ! Et pour confirmer ce que j’en disais, il a été sélectionné par Blurb « Staff Pick » ! Bravo !

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Bah voyons…

Ce genre de scène se voit relativement fréquemment ici. Sur la photo, il s’agit d’une petite fille, mais il arrive aussi fréquemment que la petite fille ait la vingtaine et porte des talons hauts, debout sur son porte bagage.

Pourtant ce n’est pas autorisé non plus. La semaine dernière, j’ai ainsi vu s’arrêter une voiture de police au niveau d’un passage piéton. Au début je n’y prétais pas trop attention, puis la voiture de police s’est mise à parler (il y a des haut-parleurs sur les voitures de police et les ambulances ici). La fille est descendue de son porte bagage, le garçon qui conduisait a eu un petit air de défiance, puis la voiture de police a redémarré. A peine avait-elle fait 100m que le couple s’est reformé, et a traversé la route au rouge, non sans prendre quelques risques d’ailleurs, sans doute plus pour fuir le regard des témoins de la scène que pour défier les forces de l’ordre. Quoi que…

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Jyûmbann !

Jyûmbann, ça se prononce un peu « djyouhoummbannn » (avec une sorte d’explosion sur le ba, en faisant durer le ouhou les mm et les nnn) et ça signifie quelque chose comme : « dans l’ordre« , « chacun son tour« , « chaque chose en son temps » ; ce soir en rentrant de la crèche avec le petit, je lui demandais :

– Alors, et qu’est-ce qu’on va faire en rentrant à la maison ? On va prendre un p’tit goûter ?
– Eetôô, Ampandi, miru kara… Jyûmbann ! Jyûmbann ! Ampandi miru. Jyûmbann ! Wakatta ?
(euh… après avoir vu Andy Pandy… Jyûmbann ! Jyûmbann ! On regarde Andy Pandy. Jyûmbann ! T’as compris ?)

Au moins, je sais ce qu’on lui rabâche à la crèche, maintenant… Jyûmbann ! Wakatta ?

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Suivre les petits cailloux

On en était où déjà ? Ah oui ! Et c’était il y a déjà un mois…

Après une pause glace très bavarde, on a pris le chemin de Arashiyama35.013021135.680122. Pas très loin du temple que mon épouse voulait visiter, il y avait une petite forêt de bambous accrochée à flanc de montagne… Et des forêts de bambous, depuis que j’ai vu les photos de David, je rêvais d’en parcourir. C’était d’ailleurs ce que je voulais le plus voir à Arashiyama35.013021135.680122 ce jour là. Et première vraie surprise sous les bambous, avec une petite brise, ça fait un bruit incroyable. Les bambous s’entrechoquent… et ça donne un peu l’impression de se trouver dans un port où les drisses fouettent les mats, en moins métallique, et 3 octaves plus bas. Klonk klonk.

Le chemin est parsemé de temples (on est à Kyoto34.986796135.758678, hein), dans le premier qu’on visite, des galets sont disposés sur une lourde pierre, quelques mots dessus pour appeler une grossesse. Les caresser aussi favorise l’enfantement. Je connaitrais bien d’autres choses qui, caressées, provoquent des grossesses, et avec une efficacité bien plus démontrable que ces petits galets… mais le Japon serait-il ce qu’il est sans son lot de superstitions ?… (Edit : et il semble que le développement du télé-travail ferait partie des mesures pour enrayer le déclin démographique, et c’est même pas une blague ! Comme les coupures de courant ? A quand des lois pour mettre en grève d’autorité les agents électriciens nippon ? :))

Et puis, le clapotis de l’eau nous accompagne tout le reste du chemin, ici des koinobori (c’était la saison) flottent au vent, là quelques agrumes dorent au soleil, et quelques cerisiers tardifs, en pleine fleur nous cachent un peu le soleil qui commence à taper.

Juste avant d’arriver, un ancien hôtel désaffecté qui pourrait avoir servi de décor dans Sen to Chihiro s’impose sur le côté gauche de la route.

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Cocoro : 1 – 0 : Ghismo

Avant d’aller voter, on est allé manger au Soup-Curry d’Osaka Business Park, et j’aurais du lire mon blog avant de partir car j’ai tenté cette fois çi le 33ème degré d’épice (sur 100), en oubliant donc de tester d’abord le degré 25, et j’ai bien failli y rester ! Je suis ressorti de là les yeux bouffis, le nez qui coule, le front perlé de sueur, le système digestif totalement anesthésié… et il m’a fallu une bonne promenade au grand air pour m’en remettre.

Dans la confusion, je me suis acheté une montre.

Je reprends l’entrainement !

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