Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Traîner des pieds

Ca tirerait pas un peu sur la fin tes vacances de mai Ghismo ? Un peu, si ?

Après trois denses journées passées à Tokyo35.673718139.697556, on a repris le chemin d’Osaka, de nouveau en Shinkansen, et cette fois ci, tous ensemble, le petit, mon épouse, notre invitée et moi même. Le matin nous n’avions pas encore les billets (13000 yens environ), que nous avons acheté, comme à Osaka, dans un comptoir de billets « d’occasion » à prix réduits de Ueno.

Le temps de faire tout ça, avec poussette, petit, et aussi pas trop l’envie d’aller trop vite sur le retour, ce n’est qu’en milieu d’après midi qu’on a remis les pieds à la maison.

Ce qui nous a laissé le temps de faire une petite promenade à pieds dans le quartier, longer la Yamatogawa, trouver le petit temple de la fête de l’été, avant que ce ne soit l’été, et continuer vers l’inconnu, à l’est, trouver un shôtengai, l’emprunter, ressortir à l’autre bout, y trouver les rails du chinchin densha, s’approcher d’un arbre qui a une odeur citronnée, demander à l’obasan, qui nous regarde faire en s’inquiétant si elle connait le nom de l’arbre, nous l’apprend, on l’oublie aussitôt, et on referme la boucle pour rentrer à la maison, au soleil couchant.

Dans ces endroits, les gamins arrêtent leurs vélos, oublient leurs ballons qui prennent une trajectoire libre, les oyaji vous suivent du regard sur 180 degrés, un gaijin ici, c’est tellement inattendu que ça leur fait leur journée.

Journée à 13000 yens de train, et environ 3000 yens en dépenses courantes (café, ekiben, restaurant coréen le soir)

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La semaine de l’administration

Ce n’est pas une nouvelle fete locale, mais le programme charge de notre premiere semaine sur place.

Tout d’abord, nous sommes alles des mercredi au kuyakusho (mairie d’arrondissement, je ne suis pas certain de l’exactitude de la traduction) de notre quartier a Osaka. La, plusieurs choses au programme : faire le demande de ma carte de sejour, enregistrer mon tampon aupres des autorites, se declarer aupres de la securite sociale locale, faire de meme aupres des allocations familliales, presenter le petit au medecin de l’equivalent de la PMI, et occuper ce dernier pendant tout ce temps.

Pour se mettre dans l’ambiance, il faut imaginer une administration francaise du debut des annees 80 : bureaux en open space peints en gris et marron, la peinture n’a pas ete refaite depuis 20 ans, c’est pas tres sexy. Derriere les guichets, des hordes de fonctionnaires taciturnes apposent des tampons, brassent un peu d’air ou consultent les dossiers de papier qui jonchent les bureaux en creant un sacre desordre. Il y a des crayons attaches a des chaines sur les petits comptoirs reserves aux administres. Quelques elements post-modernes qualifient l’epoque : un ecran geant LCD (ou plasma) affiche les numeros des personnes appellees, et il n’y a plus de machines a ecrire, mais pas non plus de PC sur les bureaux.

Pour ma carte de sejour, c’etait tres facile, on s’est presente au guichet avec mon passeport, deux photos d’identites, et si mes souvenirs sont bons, je crois que c’etait tout. La petite page d’ecriture (en alphabeto pour la plus grande partie) ne faisait que reprendre les elements du passeport/visa. C’etait donc assez facile, jusqu’a present je sais encore ecrire mon nom. Le seul champs en langue autochtone etait celui de ma situation, la j’ai ecrit kaishain (employe) en iragana, ce qui m’a vallu un « o sugoi! » (wah genial!) admiratif de la preposee aux affaires etrangeres.

Dans la foulee on a enregistre mon tampon au meme guichet. Au japon, les gens signent avec des tampons ronds, dont certains plus importants que d’autres (pour acheter ou louer un logement par exemple) sont enregistres en mairie. La c’etait un peu plus complique. J’avais un tampon que mes beaux parents m’avaient offert a notre mariage avec mon prenom d’ecrit dessus en kanji. Seulement, le fait que ce tampon porte mon prenom posait un probleme, car mon prenom n’est pas mon nom usuel. Mon epouse avait sur elle un tampon au nom de sa famille, et celui la semblait mieux convenir, avec quelques amenagements de mon etat civil nippon. J’ai donc au Japon un nom d’usage qui est mon nom francais suivi du nom de ma belle famille qui me permet d’utiliser ce tampon (pour l’appartement qu’on doit prendre prochainement). Pour l’enregistrement du tampon, il faut fournir une adresse, et ca, ca nous sauvera dans un episode futur (je vous en dirai plus prochainement :).

Concernant la securite sociale, c’est mon epouse qui cotise pour toute la famille. Bien que detache (et donc egalement couverts par la secu francaise), on devra donc payer des deux cotes, ca c’etait plus ou moins prevu. Le montant annonce de la cotisation par contre nous a quand meme surpris. Autre surprise, positive cette fois, on doit pouvoir toucher les allocations familliales, mon epouse etant consideree ici comme mere seule avec enfant (ca fait toujours plaisir au conjoint ce genre de considerations administratives 🙂

Et puis, concernant le petit, on l’a presente au medecin de la PMI locale. Il doit passer une visite la semaine prochaine, la c’etait juste pour faire un point sur les vaccinations. Et comme il a fait tout ce qui etait obligatoire pour un enfant francais de pres de 2 ans, il a du coup fait plus que prevu au japon. On ne l’embetera alors plus trop avec les seringues et leurs aiguilles qui font pleurer.

Une chose qui est somme toute remarquable ici, c’est que l’integralite des services sont concentres dans un seul lieu. Si on avais du faire les memes demarches en france, on aurait du prendre le bus une demie douzaine de fois entre mairie, prefecture, secu, caf, pmi, impots, …

D’ailleurs les impots on doit y passer prochainement, et c’est encore dans ce batiment.

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10 minutes, 1000 yens

Intrigué depuis toujours par la formule, je me suis décidé le week-end dernier à en faire l’essai.

Sur les conseils de Jiji qui jure ne jamais y avoir mis les pieds, mais qui connaissait le lieu et ses pratiques, on s’est rendu dans un QB House du côté de Namba34.663463135.501959.

Dès qu’on se présente à la porte d’entrée, les professionnels qui travaillent ici vous accueillent à grand coup de « bienvenue » sonores. Mais ici, il faut d’abord payer, et faire l’appoint en un seul billet de 1000 yens. Pas question de venir avec sa bigaille, pas plus qu’avec ses arrogants gros billets, non, quand on vient ici il faut avoir prémédité son geste.

On glisse donc son billet dans la fente de la machine qui nous le rend sous la forme d’un ticket numéroté. On peut alors prendre place avec les autres clients en attente, sur un banc qui longe le mur. L’attente est distraite par la vue des clients qui en sont à leur tour. L’accroche commerciale semble exacte, chaque 10 minutes les clients se rhabillent et tout le monde sur le banc se décale par la droite en un ballet rigoureux. La clientèle est composée exclusivement d’ojiisan, la plupart avec peu ou plus de cheveux.

Quand après 30 minutes d’attente vient son tour, on met ses affaires dans un placard dissimulé derrière le miroir qui vous fait face. Quelques questions précises, et alors que la minuterie est enclenchée, on s’affaire autour de vous. L’apothéose vient quand avec un aspirateur venu du plafond, on vous aspire la tête. On vous montre alors la vue de derrière avec un miroir, vous faîtes un signe de tête satisfait et vous pouvez rejoindre le monde plus léger.

Voici donc la version tayloriste à l’extrême du salon de coiffure.

Ici, on sent que chaque élément du décor, client y compris, ainsi que de l’organisation, a fait l’objet d’une étude d’efficacité, d’optimisation des gestes, de rationalisation des pratiques. D’ailleurs en se rendant sur le site de la chaîne, on se rend compte que tous les salons sont sur le même modèle, exactement ; ont le même mobilier et les employés la même formation au quart de seconde près. Dès qu’on pénètre dans cette usine à couper les cheveux en deux (parce qu’en quatre, ça nécessite 3 fois plus de geste), on laisse son humanité dans son billet de mille yens, et on devient un élément froid de cette mécanique impeccablement huilée.

On comprend que notre tour viendra après les 32 gestes (et 1’47,7 secondes) que composent le nettoyage et la stérilisation de l’espace de travail : jeter le peigne et le col en papier du client précédent, secouer la blouse, plier la blouse en quatre mouvements, ouvrir le placard à blouse, ranger la blouse, fermer le placard à blouse, donner un coup de nettoyant à vitre sur le miroir, laver le miroir d’un coup de chiffon précis, ouvrir le stérilisateur, y mettre ses ciseaux, prendre la tête de l’aspirateur, fermer le stérilisateur, aspirer les étagères, aspirer son uniforme, aspirer le siège, ouvrir le stérilisateur, mettre la tête de l’aspirateur dans le stérilisateur, fermer le stérilisateur, ouvrir la trappe sous le siège qui recueille les cheveux coupés, balayer le sol en 7 mouvements, pousser les cheveux dans la trappe, fermer la trappe, inviter le client suivant à venir s’assoir…

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Et le jeudi, c’est Nihongo !

Depuis que je suis arrivé ici en juin dernier, tous les jeudis, je vais dans une école du quartier pour suivre un cours de japonais. Les enseignants (sensei) sont bénévoles, les cours sont gratuits et bien qu’ils se déroulent dans une salle de classe, ils sont individuels. A chacun son sensei, donc. En ce qui me concerne ça fait quelques semaines que j’y travaille seul mes kanji, mon sensei n’a pas une disponibilité débordante.

Mais c’est assez amusant de venir dans une vraie salle de classe d’une école japonaise. Ici, on se déchausse en entrant et on passe des petits chaussons en plastoc vert, les mêmes pour tout le monde. Au fond de la salle de classe sont affichés aux murs ce que j’imagine être les portraits des proviseurs. Il y a également dans les armoires une flopée de trophées et médailles ainsi qu’un tas de manuels scolaires empoussiérés.

Dernièrement, on a vu apparaître dans la salle un, éventuellement deux chauffages au gaz. Et ce qui me sidère assez, ce sont ces tuyaux de gaz qui parcourent librement la salle de classe, et cette jointure au milieu pour alimenter les deux appareils… Il parait que ce sont les élèves qui installent eux-même les chauffages…

Je sais pas vous, mais moi, ça ne m’inspire guère confiance…

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Philosopher en chemin (ou pas)

La suite logique, lorsqu’on se rend au Ginkakuji35.026605135.798064, est de filer au sud, empruntant ainsi le Chemin de la Philosophie. Quand vous discutez avec d’autres de leur voyage au Japon, on pourra vous demander comme un fait acquis « Tu as vu au moins le Chemin de la Philosophie ? » et vous de bredouiller en réponse « Euh… c’est quoi ». Mauvais, très mauvais, nul voyageur à Kyoto34.986796135.758678 ne peut s’affranchir du Chemin de la Philosophie, et c’est très justement qu’on sera en droit de vous répliquer « quoi, Quoi, QUOI ? Tu connais pas le Chemin de la Philosophie ?? J’hallucine trop là ! Quel naze.« . Je l’avoue, et grande est ma faute, je ne connaissais pas le Chemin de la Philosophie, plus précisément, et c’est déjà ça, je l’avais emprunté sans le savoir (j’ai des preuves). Ce n’est que lors de mes vacances de mai (en cours d’impression, on arrive d’ailleurs très prochainement à cet épisode), que je m’en suis rendu compte, en m’y rendant, délibérément cette fois ; je connaissais donc bien.

C’est donc, fier comme un coq, que j’ai pu mener mes amis nantais sur le dit chemin, en leur rabâchant autant que je le pouvais qu’ils se trouvaient dessus. Sur le chemin, un petit pépé que j’avais déjà croisé au même endroit il y a longtemps, nous aborde, en anglais, toujours, pour déballer sa petite boite à gâteaux de fer blanc qui contient ses galets peints, touchant petit pépé, mais, non merci.

Il faisait chaud, et une pause climatisée se faisait désirer. Premier arrêt dans un Organic Café sur le bord du chemin, accueil feutré dans une ambiance très cosy. Au menu, gâteaux, cafés et jus de fruits bio. Sur la terrasse le soleil joue avec son ombre, pour protéger un Chat Noir en Tournée.

Un peu plus loin, autre café, abritant cette fois ci un jardin magnifique ; au fond du jardin un magasin de cosmétiques qui intéresse nos convives de près. Longue pause, achats pour les uns, photos pour les autres.

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Monsieur Grognon

Monsieur Grognon existe, il est japonais et fait de la politique.

« Moins de voitures, moins de déchets dans la montagne et dans la mer, plus de qualité de service dans les hôpitaux », point barre, vous voulez quoi encore ?

Et non je sourirai pas pour la photo, non j’utiliserai pas de machine à écrire pour taper mon programme, pourquoi pas un ordinateur non plus ; un crayon bic, une paire de ciseaux, de la colle, pas besoin de plus pour m’en sortir, moi !

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Atô kchhhhh, crrrrr âtôgomasushhhhh

Dans la série des vacances rayonnantes, on en était à jouer à cache cache avec les bus, mais, et ensuite ?

Ensuite, re-bus, direction Ginkakuji35.026605135.798064 cette fois çi (le temple d’argent). On ne se fait pas d’illusion, il sera fermé, mais j’ai cru comprendre que le chemin de la philosophie y arrivait… et si il y a bien quelque chose à voir à Kyoto34.986796135.758678, c’est bien « Le chemin de la philosophie ». Moi, je ne pensais pas connaître le chemin de la philosophie (la honte), et je ne voulais pas que cette ignorance rejaillisse sur la miss.

On s’y dirigeait sans histoires jusqu’à ce qu’en cours de route, le chauffeur nous invite à descendre, au milieu du trajet, comme ça, sans trop de raison, une course urgente peut-être… Les bus à Kyoto34.986796135.758678 ne nous auront pas laissé une image impérissable cette journée là. La prochaine fois, faudra essayer en vélo…

Le bus suivant arrive et son chauffeur devait être très grippé car il avait une façon très particulière de s’adresser à nous dans son micro, en lieu et place de « Arigatô gozaimasu », on avait à chaque passager descendant de sourds « ‘atô kchhhhh », « aa tttsssss », « ‘to kssss », « crrrrr âtôgomasushhhhh ». Forcement, fou rire de deux français au fond du bus à chaque arrêt, et aussi un peu entre les arrêt… Ne pas se regarder, surtout. Le problème, c’est qu’il arrive un moment où il faut descendre, et sans pouffer.

C’est à la nuit tombante qu’on entreprend notre chemin de la philosophie, de bout en bout, parce que pendant ces vacances on ne fait rien à moitié.

En cours de route, un petit creux nous prenant, on attend devant un café qui exhibe en devanture des gâteaux sympas. Mais il est 18h01 et les gâteaux seront remballés, on ne nous les vendra pas ; bras croisés en signe de refus. On philosophera le ventre vide.

Le retour se fait par la rivière aux canards, Demachiyanagi, 400 yens, repas trop copieux qu’on ne pourra pas finir, dans les 1000 yens puis 270 jusqu’à la maison.

Grosse journée. 5080 yens. On n’a jamais été aussi près de la fin.

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2 ans

un garage pour petites voitures et un tricycle en plus dans la chambre, il applaudit à ses cadeaux et souffle ses deux petites bougies l’instant d’après

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Me regarde pas comme ça

… ça me rend tout chose !

Elle s’est posée sur le store de mon bureau à 11h12… (Mais pourquoi d’abord elle a choisi de se poser là ?)

4 5 6 heures plus tard, elle s’y prélasse toujours, orientant ses yeux sur tout ce qui bouge alentours, instantanément. Rien que de l’imaginer là, derrière le store me soulève le coeur… et puis, sortir dehors, m’approcher à 3m, sortir le zoom du Tamron de Jiji au maximum… pfffou il en aura fallu du courage pour ramener ces clichés ! Saluez l’exploit ! D’autant que les regarder ne me mets pas beaucoup plus à l’aise… D’après mon épouse, elle est tellement grande qu’elle a du être élevée par des gamins du quartier (les enfants élèvent ici les insectes comme des animaux de compagnie, sisi, ya même des pet-shop spécialisé insectes, quel pays !)

Bon, mais maintenant, faut rentrer chez vous, mademoiselle, hein, faut pas rester là
(Ah j’aime pas ça, j’aime pas ça !)
(Pis elle est toujours là, s’en ira pas, ah non, y’a pas, je flippe)

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