Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Bon, mais alors, ça donne quoi ?

J’ai aujourd’hui eu l’honneur, car c’en est un ici, de pouvoir assister à ma première échographie nippone. Ici, il ne suffit pas d’accompagner votre épouse à la maternité pour espérer apercevoir les battements du cœur de votre enfant sur l’écran noir et blanc de l’échographie…

En fait je m’étais déjà rendu à la maternité à deux reprises. La première fois, je me suis trouvé tellement seul en ce monde exclusivement féminin que je n’ai pas eu le cran de m’avancer plus loin que la salle d’attente. On a parfois des réactions qui nous font nous en vouloir, aussi, la fois suivante, j’étais bien décidé à franchir le pas. Ce que j’ai fait, mais lorsque mon épouse s’est enquise de savoir si je pouvais participer, on m’a laissé sur le pas de la porte. Bien sûr, on ne m’a pas dit « non », tout juste un « c’est à dire que… » à la japonaise qui fait encore plus rager son homme qu’un « non » franc et argumenté à la française. C’est que le papa ici est censé trimer, on ne s’attend pas à ce qu’il s’intéresse au ventre rondissant de son épouse. Un clou qui dépasse…

Il y a eu aussi cette session du samedi après midi, en couple, session obligatoire pour le papa si il veut pouvoir être présent le jour de l’accouchement. Cinq couples, assis à de petites tables de classe, les femmes près de l’allée centrale, les hommes sur les bords. Session test pour les apprenties sages-femmes, l’instructrice est dans le fond de la salle, chronomètre sur les genoux, prend des notes, et relève chaque bafouillement des élèves stressées.

Vraiment l’art oratoire répond ici à de tout autres codes ; c’est pas l’Italie ! Les sages-femmes, en blouses, raides comme des piquets, bras collés le long du corps, mains à plat, immobiles, sans laisser paraître la moindre émotion surtout, ça pourrait détourner l’attention peut-être, ou la fixer, c’est selon.

Les présentations sont faites, courbettes sur la scène, courbettes en réponse dans la salle, une seule des sage-femmes reste et entame à l’heure précise un discours appris intégralement par-cœur. Il durera 30 minutes, exactement. On nous parle des mois, des poids et des tailles, de comment se lever quand on est couché et qu’on est une femme enceinte, de comment passer l’aspirateur et qu’on est une femme enceinte, de comment porter des objets lourds et qu’on est une femme enceinte, et un des papa appelé au hasard parmi les cinq présents a le droit de faire la démo d’un costume de simulation de femme enceinte, sorte de corset avec poitrine proéminente et sac de plomb au niveau du ventre :

– si je pose le crayon par terre, pouvez-vous le voir ?
– non
– est-ce que c’est lourd ?
– oui
– vous pouvez vous rasseoir.

Le second exposé durera 17 minutes, toujours de par-cœur déclamé sur un ton égal, et traite des aspects pratiques, le numéro de l’hôpital, l’entrée de nuit, le surcoût en cas d’accouchement nocturne, le trousseau à préparer, et la fréquence des contractions avant d’appeler le taxi.

De temps en temps, une stagiaire trébuche sur un mot et présente ses excuses invariablement d’un « shitsureishimashita », lance un coup d’œil au fond de la salle, pour reprendre la phrase à son début, levant alors les yeux au plafond pour y chercher sa mémoire, en martelant bien chacun des mots qui l’avait induit en erreur.

Et puis, il y a un goûter, avec des échantillons, boissons et gâteaux énergisants, issus de l’industrie agro-alimentaire probablement sponsor d’une manière ou d’une autre de ce genre de regroupements. Table ronde, présentation rapide faites par les mamans, petite question a chacun des papas, on n’attend pas à ce que quiconque développe un thème, quelques mots sont lâchés avant de prendre une pause.

Après la pause, nouvel exposé de 13 minutes, avec séance vidéo sur l’accouchement. On y voit une femme très zen, en train d’accoucher, sans douleur, grâce à la sophrologie. C’est d’ailleurs au moment où ce mot est lâché que pour la première fois on peut voir briller une petite étincelle dans le regard de la sage-femme.

Cette session était en fait l’introduction à la suivante, la plus longue de toutes, 40 minutes ; pour celle là on a enlevé les tables, et tout le monde est assis par terre (on aime ça au Japon). 40 minutes d’exercices et de discours toujours minuté sur la sophrologie et l' »image training », en anglais dans le texte. Les exercices se font en musique, sur une sorte de truc de relaxation : un arpège joué en boucle pendant des heures à tempo lent sur des nappes synthétiques et sur fond de percussions ethniques sous-mixées, comme lointaines, vous voyez le genre ? On en trouve dans certains magasins en France aussi, la plupart du temps à côté des bâtons d’encens, des jardins zen de tables, ou des bambous tournicotant en vase.

Après ces étirements, et la remise d’un petit questionnaire de satisfaction, on nous fera visiter l’hôpital, le coin maternité qui partage ses chambres avec la gérontologie, l’hôpital est vieux, vieillissant, a mal vieilli, on ne sait trop dire, c’est pas très sexy, ça change de la clinique Jules Verne. On sera sans doutes heureux de se retrouver à la maison cette fois ci…

Pour en revenir à aujourd’hui, j’ai donc pu assister à cette échographie, qui en soi n’a rien de particulier, le matériel est le même qu’en France, il vient d’ailleurs du Japon. La seule différence avec la France, c’est que c’est à vous de venir avec votre serviette pour vous essuyer le ventre du gel dont on barbouille la sonde, l’hôpital n’offre pas ce genre de service.

Aujourd’hui, on sait donc si ce sera un chti Ghismo ou une chtite Ghismette, mais on vous le dira pas !

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Regarde où j’ai installé mon bureau !

Ma toute petite société va pouvoir se vanter d’avoir ses bureaux dans les endroits les plus courus d’Osaka ; pour commencer cette longue série de bureaux itinérants, j’ai choisi ce matin un endroit pas trop loin de la maison : l’Asian Trade Center de Nanko34.636668135.413918.

L’ATC qui est aux pieds du World Trade Center34.638292135.415291 fait face au terminal à conteneurs du port d’Osaka. L’activité portuaire, le va et viens des porte-conteneurs, le bip-bip des camions, ces incroyables grues et l’architecture colorée du bâtiment font que c’est un endroit que j’affectionne particulièrement.

J’y suis arrivé en début de matinée, mon téléphone en main pour découvrir les hotspot wifi non protégés qui sont en fait forts nombreux.

Le café du 6F coûte 300 yens et est vraiment excellent. Le lieu en outre offre une vue magnifique sur le port. Et, en semaine, l’ATC est vraiment totalement désert, un vrai hâvre de paix si il n’y avait pas le bruit des salles de jeux du rez de chaussée.

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Anpanman vs Ultraman

A bientôt quatre ans, Le Petit commence à dire préférer Goonger à Anpanman. Depuis un petit moment maintenant il nous explique qu’il adore Goonger, que Goonger c’est cool, et que, alors qu’on se promenait dans les rayons jouets du Donkihote local, le plus cool des Goonger, c’était le tout noir. Et, lorsque quelques rayons plus loin il choisi son curry, désormais, c’est le curry Goonger (ou presque) qu’il lui faut. Exit Anpanman…

Ne souhaitant pas forcément investir dans la filière sentai, on s’est rendu hier soir au Tsutaya pour chercher à lui louer un DVD Goonger. Série probablement trop récente, aucun DVD dans les rayons, mais ça n’a provoqué aucun drame, Ultraman (mais pas n’importe lequel : Ultraman Kosumosu) a su charmer Le Petit tout autant qu’un Goonger véritable, comme aurait pu le faire sans doute à peu près n’importe quel super-héros nippon masqué, casqué et vêtu de combinaison latex aux couleurs voyantes.

http://www.youtube.com/watch?v=d56Im-BQLuE

Générique d’ouverture d’Anpanman

Générique d’ouverture d’Ultraman

Avouez que ça fait quand même une différence…

Le DVD de Anpanman ouvre sur une petite scène didactique expliquant comment prendre soin et ranger les DVD (et si vous ne regardez qu’une seule des vidéos de ce billet, regardez celle là !). Les gros monstres très très très méchants font un peu n’importe quoi (enfin rien de plus qu’un enfant de l’âge du Petit), et la voix de la raison vient d’Ultraman. Efficacité garantie. D’ailleurs, lorsqu’on est allé voir Ponyo, c’était aussi Ultraman qui sermonnait les monstres qui avaient oublié d’éteindre leurs téléphones portables ou faisaient du bruit pendant le film. Efficace à tout âge.

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Nara, Nara desu

Et c’est reparti pour une journée des vacances très chouettes

Au cinquième jour, le programme de ces petites vacances nous menait à Nara34.683793135.835669. Au départ de la maison, cela représente une petite heure de train et 270 plus 540 yens. Nara34.683793135.835669 bien connu pour ses (millions de) biches, d’ailleurs, j’avais bien briefé mon hôte : « sous aucun prétexte tu n’achètes de petit gâteaux pour les biches ».

Avant d’aller les saluer de pas trop près, c’est par Nara34.683793135.835669machi, la vieille ville que nous sommes allés. Je voulais voir si le fusuma que le petit avait transpercé à la dernière visite avait été réparé. Pas encore. Par contre, le descriptif des lieux en français qu’on m’avait fait corriger la dernière fois et que j’avais même pas lu est désormais sous plastique. Et cette fois ci, on nous a fait la démo de la porte d’entrée, qui comme celle des petits cochons peut s’ouvrir par moitié.

Juste à côté, on a également trouvé un temple très mignon et quelques magasins d’un autre temps, vendant du soba en grains et des azuki secs dans des bacs venus de la même époque que les murs. Sur la porte d’à côté, un poisson vaudou en gilet de houx conjure le mauvais sort. Depuis longtemps sûrement. Et ce n’est qu’en sortant de la vieille ville, qu’on est tombé sur ce Pooh-san terminator, objet kitchissime et animé, dans un magasin qui l’était non moins. A en avoir des frissons (de rire).

Et puis, Nara34.683793135.835669 a cela de bien que lorsqu’on entre dans les parcs qui entourent les temples, on quitte la ville pour un long moment. Contrairement à Kyoto34.986796135.758678, où la ville reprend ses droits dès la sortie du temple, ici la promenade est plus apaisée. Normalement.

On mange dans une petite boutique de soba située au milieu d’un parc, et que je connaissais pour y avoir mangé lors du Mantoro de l’été passé (si vous vous souvenez, c’est le petit resto tout en bazar avec son téléphone rose). Une biche yakuza s’est invité en cuisine, rançonne la mama, la menace de ne pas partir tant qu’elle n’aura pas mangé, supporte sans même les sentir les coups de bambous que lui assène la maitresse des lieux. Elle ne bougera pas le temps de notre repas, et probablement encore longtemps après.

Ici on mange pour 500 yens assis sur les tables. C’est paisible.

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C’est quoi cette petite voiture ?

Bravo à Akaieric, dont je vous recommande chaudement le blog, et qui me souffle jusqu’au titre de mon billet !

Au bout de la rue se trouvait donc cette petite, toute petite, probablement la plus petite voiture* qu’ai jamais produit le Japon, et dans sa toute première version, celle qui n’a que trois roue, et qui en est que d’autant plus marrante, et toujours en version pick-up, pour pouvoir transporter tout ce qu’on veut depuis le meuble de tante Momoko, le caniche-cheveux-au-vent de l’élégante Hisako, à la planche de surf du p’tit Tarô…

Voilà, j’en suis grand grand fan, surtout dans un tel état, surtout garée à l’abri d’une telle boutique ! Regardez moi ces posters !

* Suivez ce lien, il vous réservera une autre belle surprise 🙂

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Noël à l’hôtel de ville

Dimanche dernier nous avions décidé d’aller voir les décorations de Noël installées. D’après le programme officiel, du 1 au 16, ce sont les décorations de bases, puis du 16 au 26, là ça devrait cartoner avec des fresques lumineuses, des animations, enfin, du Noël qui dépense quand même un peu d’argent !

Plus d’info, en anglais, en japonais et en photo.

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La goutte au nez

Goutte qui a fait déborder le vase.

Il y a au super d’en bas, au niveau des caisses des petits chiffons que les caissières utilisent pour nettoyer leur outil de travail. Le petit a toujours aimé les tripoter, ce qui a pour effet de faire rigoler la caissière, et nous, de montrer un petit peu de fausse autorité : « Rhooo, encore, c’est pas bien, repose donc ce chiffon… »

Un jour alors que je faisais avec le petit des courses au super d’en bas, en passant en caisse, je lui ai fait remarquer qu’il avait le nez qui coule. Chose commune depuis qu’il va à la crèche.

Et comme toujours il a attrapé le chiffon, et d’instinct, l’a porté à son nez et s’est mouché dedans.

« Poûûûû. »

Et il vous aurait fallu voir la tête de la jeune* caissière, le petit sursaut de sourcil et les yeux qui plissent. Pathétique.

*j’ai en effet d’autres critères que la longueur de la file pour choisir ma caisse

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Après la pluie

les cigales se remettent au boulot.

Vous avez peut-être vu ça aux infos, le Japon a été touché depuis quelques jours par des pluies diluviennes. Ces manifestations météorologiques se répètent tous les ans au Japon, mais elles ont quand même fait près de 20 morts cette année, c’est quand même pas anodin.

A Osaka aussi on a été touché un petit peu. Bon, mais rien d’impressionnant, pas de torrent de boue dans les rues, pas de collines qui s’affaissent, pas de voitures déchiquetées, mais des bonnes averses et une pluie continuelle pendant 3 jours quand même.Du coup, pendant ce temps, la température a bien chuté, nous laissant respirer, et les cigales ont arrété de chanter.

Depuis hier, les cigales se sont reveillées pour de bon et le soleil est revenu à leur appel. On semble être rentré de plein pied dans l’été, et comme tout est bien planifié au Japon, ce soir il y avait dans le quartier une fête pour célébrer l’été, justement. Une matsuri avec char à porteurs, taikos, magasins de rue, et visite au temple.



Demain matin, on remet ça avec les enfants, notre petit y participera en petit kimono (on lui en a loué un) et il pourra aller taper sur le Taiko aussi fort qu’il le voudra. En passant à l’endroit de la fête de demain, on a pu assister aux préparatifs et à la mise en place du char pour les enfants.

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Pipelettes

A la nouvelle crèche du petit, il y a deux petites jumelles très mignonnes mais qui surtout ont la langue bien pendue…

Tous les soirs alors que je vais chercher le petit, elles viennent m’accueillir, une à ma gauche, une à ma droite et me posent des milliers de questions, en stéréo. Leur curiosité se porte en particulier sur le fait que ce ne soit pas la maman qui vienne chercher le petit : et elle est où la maman ? elle travaille ? elle travaille où ? un bureau par là bas ? elle est pas à la maison ? Vient ensuite des questions sur le goûter qu’aura le petit à la maison, des explications sur ce qu’elles ont fait pendant la journée, et plein d’autres choses qui me passent à côté, c’est assez… dense.

En fait, ça me fait l’effet d’une sorte de machine (infernale machine) de révision accélérée en japonais, quand je ne répond pas à l’une parce que je répond à l’autre, la question de l’une m’est reformulée à l’infini. Et pas question de répondre d’une ellipse, non, il faut une réponse satisfaisant la curiosité des demoiselles.

Aurais-je mis un pied en enfer ?

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Quand 2006 perd ses couleurs…

Tout a commencé avec cette photo, prise le jour de Noël, et pour laquelle je m’étais dit en la prenant : « en noir et blanc, ça pourrait donner quelque chose d’intéressant »… J’ai essayé en rentrant à la maison, et j’ai trouvé ça plutôt sympa en effet.

M’est venu alors l’idée de fouiller dans mes répertoires pour en ressortir des photos pour lesquelles j’aurais pu me faire la même remarque en les prenant… et de me dire que ça ferait un joli post pour conclure cette année que de la regarder perdre ses couleurs, tout en évitant un inévitable bilan argumenté.

Et ça donne 30 photos passées de la couleur au noir et blanc (je n’ai mis sur ce post que mes favorites), les résultats sont très inégaux, tantôt je préfère la version couleur, tantôt le monochrome charge la photo d’une plus grande intensité, tantôt l’histoire racontée n’est plus tout à fait la même… Et en tous les cas, c’est une expérience intéressante à faire sur ses photos, et que je réitèrerai à coup sur !

Et je vous laisse sur ces quelques notes contrastées, en vous souhaitant de passer un très bon réveillon !

A l’année prochaine !

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