Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

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Les week-ends au parc

Le Petit a toujours beaucoup aimé les jardins publics. A Nantes, c’est à celui du Plessis-Tison (avec sa petite montagne et son grand bassin) qu’il passait ses journées, ici, il n’a que l’embaras du choix : le parc au bateau, le parc d’en bas, le parc de la piscine, le parc de derrière Kinji, et plus encore que de prendre le train, faire une halte au parc est l’assurrance de faire un heureux.

Dernièrement, si on n’a pas beaucoup quitté les frontières du quartier, on en a profité pour écumer les bacs à sable. La plupart du temps, les balançoires ont été démontées, probablement du fait d’un accident, les éléphants et les hippopotammes à ressort sont en place à raison d’un sur deux, et les horloges qui donnent l’heure probablement à l’aide d’un magnétophones ont une voix un peu ralentie, reste les tobogans et le sable, qu’on ne démantelle pas comme ça.

De temps en temps aussi surgit dans les cieux une figure bien connue. Suffisamment pour ne provoquer rien d’autre que détours de regards et quelques doigts pointés, on ne s’interrompt pas dans sa tâche, ça glisse sur les toboggans, ça grimpe sur les toiles d’araignées, ça creuse le sable, le zeppelin peut bien passer, si ça lui dit.

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Voisinage

Il y a dans mon quartier une caserne qui héberge ce qui me semble être l’équivalent du GIGN français, un groupe de policiers entraînés pour intervenir lors de prises d’otages, d’attentats terroristes, catastrophes diverses. Des durs qui font chaque matin le tour du quartier en courant, et en hurlant, pour courir plus vite, s’entraînent en permanence dans les étages de leurs baraquements à tout ce que le Japon compte d’arts martiaux, là encore, en vociférant pour impressionner leur partenaire (pas du tout impressionné, car il crie lui aussi très fort), et qui, régulièrement se jettent dans le vide, suspendus à un filin tendu entre deux des bâtiments de leur caserne.

Passer à côté des bâtiments est aussi pour le petit une joie éternellement renouvellée, car y sont garés toutes sortes de vehicules, bus blindés, vehicules en tous genre qui font « papou ».

Pourtant, ces policiers sont aussi des jardiniers au coeur tendre.

Les abords de la caserne, arborent toujours des plantations saisonnières, cultivées avec soin, et décorées avec amour. Le nom des végétaux s’affiche comme dans un jardin botanique à côté du nom de la section qui s’occupe de la parcelle. De petites clochettes à vent très délicates se partagent la vedette avec des nains miniatures, de grenouilles en terre cuite, de petits moulins, des écureils qui traversent.

Et puis, il y a aussi ce panneau, qui rappelle tout en poésie que l’esprit de franche camaraderie virile n’est pas pour autant oubliée en ces lieux !

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Viens avec des chaussures de marche légères

Il y a un mois, je descendais pour saisir mon vélo, me rendre à la station Suminoe qui rejoint l’aéroport international d’Osaka et entamais ainsi les deux semaines du programme « vacances découverte » que j’avais concocté pour un couple d’ami venu me rendre une petite visite expresse. Pour les plus fidèles d’entre vous, il y aura quelques « retours sur », en seulement deux semaines, on va (on retourne) à l’essentiel.

Et l’essentiel aura été en vrac, composé de petits bouts de Kyoto34.986796135.758678, Arashiyama35.013021135.680122, sa foret de bambous et le bain de pieds de la station Randen, d’un détour par Kinkakuji35.039536135.728423, d’une halte à Kenninji, d’une journée à Eiga Mura, d’une promenade entre Gion, Kiyomizudera34.994742135.785039, Pontocho, d’une soirée Daimonji à l’Institut, de Fushimi Inari34.967205135.772846 sous la pluie, Mantôro à Nara34.683793135.835669, Nara34.683793135.835669machi au pas de courses, Nigatsudo, Tôdaiji, d’avoir profité du Japan Rail Pass à Hiroshima34.397579132.475783 et Miyajima, d’un crochet chronométré à Tokyo35.673718139.697556 (oui, David, je sais, j’aurais pu t’appeller…), de l’incontournable expo Ghibli au MOT, de Shibuya35.659597139.702392 by night, d’avoir arpenté Shinjuku35.690903139.700260 sous ses néons, joué au Baby-Foot dans une brasserie avec vue sur la tour de Tokyo35.673718139.697556, de Roppongi35.659963139.729903, Annette Messager au Musée Mori, d’avoir fait le tour d’Ochanomizu, pris le vent au parc d’Ueno, 30 minutes de Vermeer au Metropolitan Art Museum, 30 minutes d’attentes aussi, d’avoir un peu traîné à Osaka, bu à l’oeil pour Obon à Higashikôen34.606720135.469708, joué aux fléchettes avec des punk nippons, descendu l’axe Shinsaibashi34.675142135.501320Namba34.663463135.501959, assisté à un festival de Jazz à Hôzenji, à Tempôzan34.655168135.429496 vu Miffy au Suntory Museum, interviewé des moines sur la fête des morts de Shitennoji34.653738135.516443, joué avec les tortues de Sumiyoshi34.613312135.486767, survollé Umeda34.7025135.49793, plongé à Kobe34.691380135.195693, Maiko34.627116135.041692, mangé des glaces, bu tout ce que les distributeurs peuvent proposer, eu bien bien chaud et frémi d’horreur dans une maison hantée.

Bref, un planning dense qui aura totalement lessivé mes hôtes et anéanti les sandalettes préférées de l’amie de mon ami. Depuis, ils me détestent et ne m’adressent plus la parole !… 🙂

Atô kchhhhh, crrrrr âtôgomasushhhhh

Dans la série des vacances rayonnantes, on en était à jouer à cache cache avec les bus, mais, et ensuite ?

Ensuite, re-bus, direction Ginkakuji35.026605135.798064 cette fois çi (le temple d’argent). On ne se fait pas d’illusion, il sera fermé, mais j’ai cru comprendre que le chemin de la philosophie y arrivait… et si il y a bien quelque chose à voir à Kyoto34.986796135.758678, c’est bien « Le chemin de la philosophie ». Moi, je ne pensais pas connaître le chemin de la philosophie (la honte), et je ne voulais pas que cette ignorance rejaillisse sur la miss.

On s’y dirigeait sans histoires jusqu’à ce qu’en cours de route, le chauffeur nous invite à descendre, au milieu du trajet, comme ça, sans trop de raison, une course urgente peut-être… Les bus à Kyoto34.986796135.758678 ne nous auront pas laissé une image impérissable cette journée là. La prochaine fois, faudra essayer en vélo…

Le bus suivant arrive et son chauffeur devait être très grippé car il avait une façon très particulière de s’adresser à nous dans son micro, en lieu et place de « Arigatô gozaimasu », on avait à chaque passager descendant de sourds « ‘atô kchhhhh », « aa tttsssss », « ‘to kssss », « crrrrr âtôgomasushhhhh ». Forcement, fou rire de deux français au fond du bus à chaque arrêt, et aussi un peu entre les arrêt… Ne pas se regarder, surtout. Le problème, c’est qu’il arrive un moment où il faut descendre, et sans pouffer.

C’est à la nuit tombante qu’on entreprend notre chemin de la philosophie, de bout en bout, parce que pendant ces vacances on ne fait rien à moitié.

En cours de route, un petit creux nous prenant, on attend devant un café qui exhibe en devanture des gâteaux sympas. Mais il est 18h01 et les gâteaux seront remballés, on ne nous les vendra pas ; bras croisés en signe de refus. On philosophera le ventre vide.

Le retour se fait par la rivière aux canards, Demachiyanagi, 400 yens, repas trop copieux qu’on ne pourra pas finir, dans les 1000 yens puis 270 jusqu’à la maison.

Grosse journée. 5080 yens. On n’a jamais été aussi près de la fin.

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Le monde est petit. A fortiori, mon quartier aussi

Aujourd’hui, alors que la neige tombait encore, on a reçu pour la seconde fois des amis pour faire la présentation de La Toute petite (et cette fois ci, je maîtrise la cuisson du fondant au chocolat).

Et il est arrivé quelque chose d’extraordinaire (n’ayons pas peur des mots).

L’histoire remonte au 19 août 2006, alors qu’on venait d’arriver au Japon de tout juste deux mois. Mon épouse avait alors trouvé un job, et on cherchait une solution pour la garde du petit. On avait visité ce qui allait devenir la première crèche du petit. Et on y avait croisé une petite fille de père français qui avait vraiment tilté sur le Petit… Elle disait en boucle, je m’en souviens encore « Kawaïï… Kawaïï », en appuyant un peu sur le « Ka » et en traînant langoureusement sur le « ïï ».

Et puis, plus récemment, on a du se rendre au consulat pour faire un passeport pour La Toute Petite. On y a retrouvé la même dame qui en avait fait l’inscription sur l’était-civil Français. Et du coup, de toutes les pièces requises pour la création du passeport, on n’en a présenté aucune, Osaka, c’est un grand village, on y fait les choses de confiance 🙂

Mais là n’est pas la question, en voyant à nouveau notre adresse ici, cette dame japonaise a eu soudain le déclic : « Monsieur Ghismo, voudriez-vous donner des cours de Français ? » me lança-t-elle d’un coup en me regardant droit dans les yeux… « Euh, beh c’est à dire que… c’est un peu inattendu, oui pourquoi pas… ». Et en répondant ça, je repensais à la première ligne du dernier livre d’Amélie Nothomb, lue par dessus l’épaule de mon épouse qui venait de le commencer dans le métro en allant au consulat.

S’en suit une discussion en japonais entre cette dame et mon épouse, dont j’ai attrapé quelques mots : « gratuitement », « femme divorcée », « près de chez vous »‘, « mari français », « petite fille », « téléphoner aux grands parents »… C’est d’accord, voici ma carte.

Aujourd’hui, juste avant que les premiers invités ne sonnent à la porte, j’ai reçu un email de cette maman, avec son numéro de téléphone… et si on l’invitait avec tes autres amis ?

C’est ainsi qu’on a vu débouler chez nous cette petite fille, un an et demi après la première fois. Et si elle ne se souvenait pas de cette fugitive première rencontre, l’émotion est restée intacte entre ces deux là qui ont passé l’après midi à courir et crier partout dans la maison. Il y eut même quelques larmes au moment de la séparation…

Mais comment fait-on pour donner des cours de Français à une petite fille de 5 ans ?

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SM japonaise

C’est vrai, on en voit finalement assez peu, des SM au Japon, tout juste une, en presque 3 ans, croisée un jour, sous la pluie, sur un parking de pachinko, exhibant quelques autocollants un peu usés qui se décollaient légèrement.

Belle émotion tout de même.

Ca a la classe une SM, non ?

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La goutte au nez

Goutte qui a fait déborder le vase.

Il y a au super d’en bas, au niveau des caisses des petits chiffons que les caissières utilisent pour nettoyer leur outil de travail. Le petit a toujours aimé les tripoter, ce qui a pour effet de faire rigoler la caissière, et nous, de montrer un petit peu de fausse autorité : « Rhooo, encore, c’est pas bien, repose donc ce chiffon… »

Un jour alors que je faisais avec le petit des courses au super d’en bas, en passant en caisse, je lui ai fait remarquer qu’il avait le nez qui coule. Chose commune depuis qu’il va à la crèche.

Et comme toujours il a attrapé le chiffon, et d’instinct, l’a porté à son nez et s’est mouché dedans.

« Poûûûû. »

Et il vous aurait fallu voir la tête de la jeune* caissière, le petit sursaut de sourcil et les yeux qui plissent. Pathétique.

*j’ai en effet d’autres critères que la longueur de la file pour choisir ma caisse

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