Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Anpanman vs Ultraman

A bientôt quatre ans, Le Petit commence à dire préférer Goonger à Anpanman. Depuis un petit moment maintenant il nous explique qu’il adore Goonger, que Goonger c’est cool, et que, alors qu’on se promenait dans les rayons jouets du Donkihote local, le plus cool des Goonger, c’était le tout noir. Et, lorsque quelques rayons plus loin il choisi son curry, désormais, c’est le curry Goonger (ou presque) qu’il lui faut. Exit Anpanman…

Ne souhaitant pas forcément investir dans la filière sentai, on s’est rendu hier soir au Tsutaya pour chercher à lui louer un DVD Goonger. Série probablement trop récente, aucun DVD dans les rayons, mais ça n’a provoqué aucun drame, Ultraman (mais pas n’importe lequel : Ultraman Kosumosu) a su charmer Le Petit tout autant qu’un Goonger véritable, comme aurait pu le faire sans doute à peu près n’importe quel super-héros nippon masqué, casqué et vêtu de combinaison latex aux couleurs voyantes.

http://www.youtube.com/watch?v=d56Im-BQLuE

Générique d’ouverture d’Anpanman

Générique d’ouverture d’Ultraman

Avouez que ça fait quand même une différence…

Le DVD de Anpanman ouvre sur une petite scène didactique expliquant comment prendre soin et ranger les DVD (et si vous ne regardez qu’une seule des vidéos de ce billet, regardez celle là !). Les gros monstres très très très méchants font un peu n’importe quoi (enfin rien de plus qu’un enfant de l’âge du Petit), et la voix de la raison vient d’Ultraman. Efficacité garantie. D’ailleurs, lorsqu’on est allé voir Ponyo, c’était aussi Ultraman qui sermonnait les monstres qui avaient oublié d’éteindre leurs téléphones portables ou faisaient du bruit pendant le film. Efficace à tout âge.

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Des tours et détours

J’essaye de changer de route un peu tous les jours en rentrant de la crèche. Déjà, ça me permet petit à petit d’en savoir un peu plus sur le quartier. Ca permet aussi de ne pas trop laisser s’installer la routine du quotidien.

Oh! Pas souvent de gros détour, parfois je change juste d’une parallèle, parfois aussi je pars à l’opposé pour quelques minutes, et parfois je pique à l’est. Il m’est arrivé aussi de planifier un chemin en le regardant du ciel sur google earth. Mais la plupart du temps c’est assez improvisé.

Aujourd’hui alors qu’à la tv on nous annonce un front nuageux qui vient de l’ouest, chargé de pluie et d’électricité, je me suis donné un peu de temps pour partir à l’est direction sumiyoshitaisha. Ce soir, je sais que je baisserai probablement les yeux en rentrant avec le petit. Alors j’ai pris un peu de plaisir par anticipation.

J’aime beaucoup ce quartier constitué de petites baraques vieillissantes, ce n’est pas la première fois que j’en parle (surement pas la dernière non plus, j’ai en stock des photos pour l’hiver). On est souvent surpris ici par tout un tas de petits détails, de la signalétique, de la verdure florissante, des décorations impromptues. J’y ai même croisé aujourd’hui un canard en cage, à l’entrée d’une petite bicoque.

Et puis, il y a le tramway aussi qui porte ici le nom de chinchindensha, ce qui fait bien rigoler les enfants, on s’en doûte (tchintchin, en France c’est pour trinquer, au Japon, ça se traduit par zizi).

Et puis, il y a un passage commerçant couvert (shôtengai). C’est quelque chose de très courant au Japon ce genre de passage. Sur plusieurs centaines de mètres (parfois plusieurs kilomètres), dans une rue commerçante, les deux côtés de la rue sont reliés par un toit. Une sorte d’éco-système (éco au sens économique) très particulier, où les boutiques proposent tout ce que le Japon produit d’original, de la nourriture, de l’artisanat, quelques cafés pour obasan, le tout dans une enfilade sans fin, où les sons ont une résonnance particulière et où la vue et l’odorat sont flattés par tant de nouveautés. Celui ci est très sympa, et il présente même quelques bifurcations qui lui donnent un petit côté labyrinthique.

Il y a le temple aussi, et visiblement il devait y avoir hier un matsuri ici, quelques yatai attendaient d’être démontés. Une obasan priait au pied de chacun des arbres portant les couleurs de l’automne. Clap, clap, deux claquements de mains, et on voyait très clairement à son expression, que les feuilles qui tombaient sur elle à ce même moment était porteuses d’un présage heureux.

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Les week-ends au parc

Le Petit a toujours beaucoup aimé les jardins publics. A Nantes, c’est à celui du Plessis-Tison (avec sa petite montagne et son grand bassin) qu’il passait ses journées, ici, il n’a que l’embaras du choix : le parc au bateau, le parc d’en bas, le parc de la piscine, le parc de derrière Kinji, et plus encore que de prendre le train, faire une halte au parc est l’assurrance de faire un heureux.

Dernièrement, si on n’a pas beaucoup quitté les frontières du quartier, on en a profité pour écumer les bacs à sable. La plupart du temps, les balançoires ont été démontées, probablement du fait d’un accident, les éléphants et les hippopotammes à ressort sont en place à raison d’un sur deux, et les horloges qui donnent l’heure probablement à l’aide d’un magnétophones ont une voix un peu ralentie, reste les tobogans et le sable, qu’on ne démantelle pas comme ça.

De temps en temps aussi surgit dans les cieux une figure bien connue. Suffisamment pour ne provoquer rien d’autre que détours de regards et quelques doigts pointés, on ne s’interrompt pas dans sa tâche, ça glisse sur les toboggans, ça grimpe sur les toiles d’araignées, ça creuse le sable, le zeppelin peut bien passer, si ça lui dit.

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Et tous les ans, c’est pareil

Tout comme l’an passé, à la même époque, on a fêté l’été dans le quartier, le soir au temple tout proche de Takasakijinja, et le matin dans la cour de l’immeuble de chez Jiji-Baba.

Takasakijinja, c’était hier soir, on y est allé en famille, et le petit d’abord apeuré par les echos des taiko distants, a fini la soirée très énervé en sautant dans tous les sens. Les Yatai sont de sortie, brochettes, castela (petits gateaux), pachinko pour enfants et divers jeux de pêche : super-ball, figurines, yoyo-kirakira. Les jeux sont maintenant tous à 300 yens, du temps où mon épouse était petite c’était tellement moins cher…

Dans les ruelles, on fait des petits feu d’artifice en famille, pendant que la rue principale voit aller et venir le grand Mikoshi soulevé, ballotté, tiré au son de « Itch’ ni no san… Wassshoiiii », rythmé par les taiko embarqués. L’ambiance fait penser à une kermesse, on s’y retrouve entre gens du quartier ; le reste de l’année, on s’adresse des bonjours et des considérations sur le temps qu’il fait en se croisant, ce soir on a plus de temps ensemble. C’est aussi le jour où on sort les caméras DV et les appareils photo des placards, c’est un jour important. Parmi les porteurs du mikoshi, je distingue un gaijin déjà croisé quelques fois dans le métro, et si l’an prochain, moi aussi je m’y essayais 🙂

Ce matin c’était la fête dans la cour de Jiji-Baba, là, pas de yatai, tout est gratuit, on est entre nous, et même si je détonne un peu dans le paysage, on s’occupe très vite de moi en me portant une bière que je n’osais pas aller demander au stand. La aussi on promène le mikoshi, un mikoshi pour enfants, modèle miniature de celui d’hier soir.

Le petit, timide comme le papa, n’ose d’abord pas monter dans le camion plein d’enfants, qui porte un des Taiko de la fête, malgré une envie visible. Et puis, ce sont elles qui m’ont retrouvées, les petites jumelles qui me faisaient la discussion quand j’allais chercher le petit à la crèche au printemps dernier, habitent le quartier, et m’adressent des grands signes de la main. Elles, sans aucune timidité, ont passé un long moment à jouer avec le petit dans le camion.

Un peu partout, des enfants armés de filets à papillon chassent les cigales qu’ils mettent dans des vivariums portables (en vente partout, on élève les insectes un peu comme animaux de compagnie visiblement ici). Les cigales font part de leur désapprobation très bruyamment et le vivarium qui se remplit toujours un peu plus fini par émettre un son de moteur de mobylette mal réglé mais plein pot.

Et puis, vient l’heure de la libération, on sent chez certains enfants un peu de peur à prendre dans les doigts ces insectes géants et bien vivants, des mains se reculent d’un bond du bocal, mais y retournent en espérant que les copains n’ont rien vu. D’autres y vont beaucoup plus directement. Une cigale finit dans la mayonnaise qui recouvre le senbei d’un petit. Rires. Et puis, jet de cigale-mayo en l’air pour la faire s’envoler, celle ci y parvient lourdement et sans parvenir à maintenir un cap précis, se pose où elle peut, poursuivie par les gamins qui ont repris leurs filets, trouvant son vol marrant et voulant la récupérer pour recommencer.

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Du mal à la gorge et du bien dans les oreilles

Alors que j’ai encore attrapé je ne sais quelle maladie honteuse (je suis sûr que c’est un collègue de crèche du petit qui m’a refilé ses boutons), le livreur est passé tôt ce matin pour me porter ce que j’attendais avec tant d’impatience.

J’avais commencé à me soigner la semaine dernière avec un spray pour la gorge : « nodonûru supurê (mini) ». Jusque là j’étais assez rassuré, le petit bonhomme à la bouille toute ronde a visiblement comme moi la gorge en feu. A l’usage, ce médoc est vachement fort, et apaise instantanément le mal de gorge. Par contre son effet aussi passe très rapidement. Et puis en revenant de chez le médecin hier, j’ai eu le droit à un beau petit cocktail médicamenteux. Et c’est qu’il faut de l’abnégation pour avaler tous ces comprimés dont on ne peut rien savoir. Je me rassure en me disant qu’en France non plus je ne comprenais rien à la composition des gellules, et qu’il faut bien faire confiance à ce médecin et à ses 20 ans de carrière.

Mais heureusement, ce matin, le livreur est passé avec des cadeaux plein sa hotte. Et ça c’est de nature à me faire passer tous mes maux juste le temps de le dire. C’est arrivé en deux cartons, l’un pour les enceintes, l’autre pour le compo. Et le livreur étant un simple livreur, j’ai même eu le privilège et le grand plaisir d’ouvrir les cartons moi même et d’installer le compo tout seul. Ca c’est du bonheur. Pour vous le faire partager, je vous passe quelques photos des cartons. Depuis maintenant 33 minutes et 24 secondes, j’ai de nouveau de la musique avec du vrai son dans les oreilles. Mais c’est décidé, bientôt j’achéterai le subwoofer (et les enceintes surround qui vont avec tant qu’à faire) pour donner encore un peu plus de couleur à Bona, Jaco et les autres :).

Mais quel bonheur mes amis ! Quel bonheur !

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La semaine de l’administration

Ce n’est pas une nouvelle fete locale, mais le programme charge de notre premiere semaine sur place.

Tout d’abord, nous sommes alles des mercredi au kuyakusho (mairie d’arrondissement, je ne suis pas certain de l’exactitude de la traduction) de notre quartier a Osaka. La, plusieurs choses au programme : faire le demande de ma carte de sejour, enregistrer mon tampon aupres des autorites, se declarer aupres de la securite sociale locale, faire de meme aupres des allocations familliales, presenter le petit au medecin de l’equivalent de la PMI, et occuper ce dernier pendant tout ce temps.

Pour se mettre dans l’ambiance, il faut imaginer une administration francaise du debut des annees 80 : bureaux en open space peints en gris et marron, la peinture n’a pas ete refaite depuis 20 ans, c’est pas tres sexy. Derriere les guichets, des hordes de fonctionnaires taciturnes apposent des tampons, brassent un peu d’air ou consultent les dossiers de papier qui jonchent les bureaux en creant un sacre desordre. Il y a des crayons attaches a des chaines sur les petits comptoirs reserves aux administres. Quelques elements post-modernes qualifient l’epoque : un ecran geant LCD (ou plasma) affiche les numeros des personnes appellees, et il n’y a plus de machines a ecrire, mais pas non plus de PC sur les bureaux.

Pour ma carte de sejour, c’etait tres facile, on s’est presente au guichet avec mon passeport, deux photos d’identites, et si mes souvenirs sont bons, je crois que c’etait tout. La petite page d’ecriture (en alphabeto pour la plus grande partie) ne faisait que reprendre les elements du passeport/visa. C’etait donc assez facile, jusqu’a present je sais encore ecrire mon nom. Le seul champs en langue autochtone etait celui de ma situation, la j’ai ecrit kaishain (employe) en iragana, ce qui m’a vallu un « o sugoi! » (wah genial!) admiratif de la preposee aux affaires etrangeres.

Dans la foulee on a enregistre mon tampon au meme guichet. Au japon, les gens signent avec des tampons ronds, dont certains plus importants que d’autres (pour acheter ou louer un logement par exemple) sont enregistres en mairie. La c’etait un peu plus complique. J’avais un tampon que mes beaux parents m’avaient offert a notre mariage avec mon prenom d’ecrit dessus en kanji. Seulement, le fait que ce tampon porte mon prenom posait un probleme, car mon prenom n’est pas mon nom usuel. Mon epouse avait sur elle un tampon au nom de sa famille, et celui la semblait mieux convenir, avec quelques amenagements de mon etat civil nippon. J’ai donc au Japon un nom d’usage qui est mon nom francais suivi du nom de ma belle famille qui me permet d’utiliser ce tampon (pour l’appartement qu’on doit prendre prochainement). Pour l’enregistrement du tampon, il faut fournir une adresse, et ca, ca nous sauvera dans un episode futur (je vous en dirai plus prochainement :).

Concernant la securite sociale, c’est mon epouse qui cotise pour toute la famille. Bien que detache (et donc egalement couverts par la secu francaise), on devra donc payer des deux cotes, ca c’etait plus ou moins prevu. Le montant annonce de la cotisation par contre nous a quand meme surpris. Autre surprise, positive cette fois, on doit pouvoir toucher les allocations familliales, mon epouse etant consideree ici comme mere seule avec enfant (ca fait toujours plaisir au conjoint ce genre de considerations administratives 🙂

Et puis, concernant le petit, on l’a presente au medecin de la PMI locale. Il doit passer une visite la semaine prochaine, la c’etait juste pour faire un point sur les vaccinations. Et comme il a fait tout ce qui etait obligatoire pour un enfant francais de pres de 2 ans, il a du coup fait plus que prevu au japon. On ne l’embetera alors plus trop avec les seringues et leurs aiguilles qui font pleurer.

Une chose qui est somme toute remarquable ici, c’est que l’integralite des services sont concentres dans un seul lieu. Si on avais du faire les memes demarches en france, on aurait du prendre le bus une demie douzaine de fois entre mairie, prefecture, secu, caf, pmi, impots, …

D’ailleurs les impots on doit y passer prochainement, et c’est encore dans ce batiment.

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Cap sur Kobe

Nouvel épisode des vacances super-extra

Le troisième jour, qui tombait un lundi, on avait décidé d’aller à Kyoto34.986796135.758678. Et puis ayant eu vent que le mardi se tenait là bas une de plus importante fête de l’année, on a finalement décidé d’intervertir le programme de lundi avec celui de mardi.

Cap sur Kobe34.691380135.195693.

Arrivé à Umeda34.7025135.49793 (270 yens), on a passé un moment dans les 7 étages du Yodobashi camera, regardé des choses pour moi, d’autres pour l’exploratrice, faire quelques conversions rapides Yen-Euro et décider d’y reflechir à tête reposée. Manger d’un sandwich au café Excelsior, accompagné d’un café (850 yens) et prendre la direction de la gare Hankyu. Croiser ici des bénévoles de la croix rouge, ralentir le pas pour attraper au vol les kits pour faire des bulles de savon donnés aux passants, et répondre qu’on vient de France à la dame curieuse venue à notre rencontre. 310 yens de train plus tard (ce qui est incroyablement bon marché ; l’avant veille, un trajet dans Osaka avait coûté le même prix), on est à Kobe34.691380135.195693.

Là bas, on a suivi une petite partie de l’itinéraire que m’avait concocté Piccator lorsqu’on s’était rencontré l’hiver dernier (d’où le peu de nouvelles photos cette fois çi). Errances autour de l’incroyable gare de Sannomiya, un quartier encastré dans les piles des rails suspendus, abritant tour à tour boutiques innomables autant qu’innombrables, huileuses, crasseuses et juste à côté, allées clinquantes pour victimes de la mode, un quartier toutes veines dehors*, contrasté, hyperactif.

Et puis, emprunter les shôtengai qui partent de la gare, ressortir non loin du quartier chinois, commencer à sentir la faim qui nous tiraille, mais poursuivre vers le port, son quai laissé tel que le séisme de 95 l’a laissé, ses protoypes de bateaux devenus HLM pour pigeons gras, sa tour de Kobe34.691380135.195693, ses hôtels posés là, et ses autoroutes suspendus pour horizon. Je voulais ensuite aller au mont Rokko, que j’avais raté la dernière fois, on presse le pas, et on attrape un bus pour touristes qui nous reconduit à Sannomiya (250 yens le trajet avec les commentaires gantés de blanc).

* (je parles ici des innombrables canalisations qui courent sur les murs)

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