Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

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Rabu-Rabu Kurisumasu (première partie)

Première partie de mon Noël parmi les rabu rabu kappuru

Aujourd’hui (en fait hier, mais je n’ai mis en ligne mes notes que ce matin), j’ai eu droit à ma première journée de vraies vacances depuis que je suis au Japon. Noël n’est pas ici une journée de congé, aussi le petit était à la crèche, sa maman au travail, et moi a papillonner à gauche à droite, appareil photo autour du cou. En plus, il ne faisait même pas froid !

Et soit dit en passant, je me félicite d’avoir franchi une étape dans la connaissance de ma ville : après avoir pris conscience des quartiers, appris à les nommer, je sais aussi maintenant les rallier à pieds, comprenant où l’un se situe par rapport à l’autre, et je trouve ça assez chouette !

Le jour de Noël est ici très différent de ce qu’on connait en France. C’est LA journée du couple, et c’est peu de le dire ! A se demander ou vont les rabu rabu kappuru le reste de l’année… (Avec un peu d’imagination et beaucoup de souplesse d’esprit, vous finirez vous aussi à vous faire à l’idée que rabu est la prononciation japonaise de love*). Les couples love love qui se promènent bras dessus bras dessous dans les quartiers chauds de la ville à la recherche d’une ambiance romantique avant de se rendre au rabu hoteru.

Et puis il y a ceux qui tentent leur chance avec l’élue de leur cœur, tel ce garçon avec cette fille et sa petite valise a roulette suggérant qu’elle avait pris le train voir celui qui l’aime. Couple croisé au pied d’un love hotel de dotombori, ce qui visiblement allait trop vite pour elle : « eh !!! et un restaurant plus normal ?… » Et moi de passer, feignant de ne rien comprendre au japonais, et de me passionner quelques mètres plus loin devant des fugus en aquarium !

Quelques cent mètres après, je les ai retrouvés, silencieux, elle tirant sa petite valise colorée, lui, penaud, dans son écran de keitai à chercher une alternative honorable à son plan en or…

Et à demain pour l’après midi de ma journée de Noël en solo !…

* En n’oubliant pas que les « R » se confondent avec les « L », les « B » avec les « V » et que les « U » se prononcent « OU » et qu’en fin de mots ils s’estompent jusqu’à presque ne plus se faire entendre…

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Histoires de cul

Depuis que je conduis le petit à la crèche, je peux voir sur ce parking ces deux fauteuils usés qui se tapent la discute.

Rien de très énergique, pas d’effusions verbales, ces deux amis savent rester discret, Tellement discret que personne ne semble plus y préter attention. Depuis un bon mois, il n’ont pas bougé d’un pouce, même place, même position… En m’approchant un peu j’ai pu voler quelques morceaux de leurs chuchotements. Et bien entendu que peuvent se raconter deux fauteuils de bureau d’autre que des histoires de fesses ?…

« – (…) et le bureau du troisième ?
– le 317 ? m’en parle pas ! quelle chaleur ! à crever ! mais encore c’était rien en comparaison de Satô san du 424, lui mangeait des gyôza au petit déjeuner !
– Wow, dur. T’as pas eu une vie facile toi !
– Ah ça non ! Regarde comment ils m’ont passés au scotch ! Et dire que toi tu t’es tapé toutes les minettes du service…
– Oh que oui ! En parlant de scotch, je t’ai parlé de la fille du 114 ? Ah ça ! quels moments heureux j’ai passé (…) »

Et voilà, encore une fois je ne cherche plus à comprendre ce qui aura amené ces fauteuils ici, pas plus que ce qu’ils y font encore !

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Sortir de l’ombre

Cet après midi, je suis allé à Umeda34.7025135.49793 pendant la sieste du petit et de sa maman. Umeda34.7025135.49793, c’est le centre de Osaka : une station JR, trois stations de métro plus une gare privée, des milliers de boutiques, des tapis roulant dans tous les sens, des niveaux au dessus comme au dessous du sol, des passerelles, des tunnels, et des routes, des milliers de taxi à l’arrêt, des bus, et des trains dans les airs. Bref, c’est un peu dense, et on y croise toujours aussi un peu de monde.

D’ailleurs, bien que je m’y rende relativement souvent, je m’y paume toujours autant dès lors que je perds le contact visuel avec l’extérieur. Et en m’y promenant aujourd’hui, ça me faisait un peu penser à ces jeux vidéos où on doit conquérir des territoires et où les zones non encore découvertes sont plongées dans un épais brouillard noir*. Umeda34.7025135.49793, c’est encore bien sombre pour moi…

Sauf que j’ai désormais sur ma carte intérieure de nouvelles zones découvertes : les 2 sous sols de la station Hankyu n’ont plus de secret pour moi, et je pourrai retourner les yeux fermés au magasin Kiddy Land. Pour y aller, depuis Nishi-Umeda34.699072135.492324, rejoindre la gare JR par le souterrain, traverser d’ouest en est toute la gare JR, attendre longtemps au passage piéton le plus fréquenté de la ville, traverser, entrer dans la station Hankyu, piquer à gauche le plus tôt possible, éviter le tapis roulant qui est bondé, trouver en face un escalier qui descend au B1, trouver un plan, comprendre qu’il faut descendre au B2 pour aller dans l’aile Nord de Hankyu San Bangai (environ 120 boutiques par étages, 5 étages), une fois dans l’aile nord, remonter au B1, on y trouve Kiddy Land, tout au bout. Sauf que Kiddy Land est sur deux étage, non reliés directement, et que ce que je cherchais se trouvait au 1F, ressortir de Kiddy Land, piquer à gauche dans les chapeaux, trouver un escalator pour l’étage supérieur, repiquer à gauche 2 fois vous y êtes, les tampons Sakura sont au fond.

Eh bien, croyez moi ou non, j’aime beaucoup me perdre de la sorte.

Au retour, je change de route pour mettre un peu plus de piquant, et je me retrouve sur une passerelle où joue un groupe très bon, très énergique : kaede.

Quelques photos, bien sûr, à contre jour pour la plupart, l’occasion de me tester maladroitement au fill-in, mon ciel est tout cramé, mais pourquoi ?

Changement de lieu et de temps, alors qu’un peu plus tard je flânais dans les magasins de musique de Namba34.663463135.501959, un gars avec sa copine m’a abordé sur le thème « tu joues de la basse ? » réponse affirmative, puis on cherche un bassiste, viens jouer avec nous, t’es pas très bon, c’est pas grave… j’ai eu en cadeau un MD avec 30 minutes d’un concert enregistré « il y a longtemps ». Ca marche pas mal, musicalement c’est pas trop mal construit, c’est dans un style assez puissant (j’irai en répét’ avec mes boules quiès), mais le chanteur fume beaucoup trop… En rentrant à la maison j’avais déjà un mail de sa part, qui me précisait qu’il portait un chapeau dans le magasin, et qui se concluait sur « Jouons ensemble ! »…

Et on peut voter en commentaire pour la photo 1 ou la photo 2 aussi, il est tard, je ne sais plus quoi en penser…

* Les spécialistes pourront me donner le nom du jeux, j’irai chercher une illustration pour les autres.

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Aller au bout de la ville

Aujourd’hui, on profite d’un week-end prolongé pour se promener là où se porte mon regard lorsque j’ouvre ma porte chaque matin : au pied de la montagne, tout là bas, à l’est. Ishikiri34.682266135.646122, c’est la dernière station d’Osaka, juste avant de passer le tunnel qui débouche sur Nara34.683793135.835669. Et pour avoir fait la route plusieurs fois, j’avais fini par repérer ce lieux qui offre une vue imprenable sur Osaka.

On y est arrivé vers midi, par la ligne Chuo, ligne aérienne sur une bonne moitié du parcours ; jusqu’à la station de Nagata, c’est le métro, après ça change d’exploitant. A Nagata, le chauffeur de métro confie les clés au chauffeur Kintetsu. Le train continue sa route, mais la voix des annonces change, la tarification aussi. Le bout du quai d’Ishikiri semble se terminer sur la montagne, le train qui continue sa route, s’y enfonce d’ailleurs très vite, pour y disparaître.

Un peu plus loin, on tombe sur cette maison, qui fait assurément partie du palmarès des maisons les plus fines du Japon, bâties sur des terrains qu’on n’oserait pas vendre en France, alors de là à imaginer les bâtir… La dernière dont je me souviens c’était à Kobe34.691380135.195693, mais celle ci était à ranger dans la catégorie « palace » par rapport à celle du jour. Celle d’aujourd’hui me fait penser à ce poisson qui disparait quand il se met de face.

Et puis, tomber dans le coma cafe ; je vous le recommande si vous vous perdez un jour dans ce coin (et leur site web fait aussi partie de mes recommandations). Petit café sis au rez de chaussée d’une petite maison particulière, tenu par un couple jeune, très cool, ambiance feutrée, cuisine végétarienne et produits biologiques, accueil discret, tout y est fait avec soin, jusqu’à la carte.

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Au sommet

Nous avions affrété pour l’occasion une première équipe d’une vingtaine de sherpas pour porter le bivouac, ainsi qu’une équipe bis pour assurer le remplacement des hommes morts pendant l’ascension. L’objectif fou que nous nous étions fixé : gravir le Mont Tempôzan34.655168135.429496 par la face ouest (la face nord étant vraiment impraticable, surtout avec la poussette).

Le mont Tempôzan34.655168135.429496 culmine à 4.53m et figure à ce titre sur les cartes comme la plus petite montagne Japonaise (et on ne rigole pas au fond, c’est très sérieux).

Tellement petite que la difficulté principale de l’ascension a consisté à trouver la dite montagne parmi les mottes de terres avoisinantes. Ce n’est pourtant pas faute de marquage, de panneaux indicateurs, de flèches et de plans. Dès la sortie du métro, sur le quai on nous confirme l’existence de ce mont vertigineux.

Bien entendu une telle expédition mérite un certificat, certificat offert par le « Tempôzan Alpine Club » pour quelques 10 yens et quelques timbres. C’est vrai que dans l’imaginaire Nippon, cette montagne est quand même bien plus dodue.

Voici donc comment j’ai débuté ma carrière d’alpiniste professionnel.

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Monsieur Grognon

Monsieur Grognon existe, il est japonais et fait de la politique.

« Moins de voitures, moins de déchets dans la montagne et dans la mer, plus de qualité de service dans les hôpitaux », point barre, vous voulez quoi encore ?

Et non je sourirai pas pour la photo, non j’utiliserai pas de machine à écrire pour taper mon programme, pourquoi pas un ordinateur non plus ; un crayon bic, une paire de ciseaux, de la colle, pas besoin de plus pour m’en sortir, moi !

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Vendredi shopping sous la pluie

Pour rappeler un peu le temps de ce début de week-end, typhon annoncé qui s’est finalement désisté (sur Osaka du moins), voici une petite journée pluvieuse de mes dernières vacances bien comme tout. Ce septième jour tombant un vendredi, c’était journée « No my car day« , grande promo hebdomadaire sur les tickets de métro à la journée : 600 yens.

Aujourd’hui on est bien décidé à acheter le petit et très cool lecteur iriver (en vente sur ma petite boutique depuis), et on fait les boutiques, ce qui tombe bien, le ciel n’est pas des plus cléments : Yodobashi Camera de Umeda34.7025135.49793, Bic Camera de Namba34.663463135.501959, petites boutiques de l’Akihabara d’Osaka (le quartier électronique) : Denden-town. Et puis, à Denden-town (qui se traduit par Elecelec-ville) on tombe aussi des boutiques de figurines manga et de vidéos « fouyaya » à la japonaise. Au moins pour les figurines manga, ça fait de chouettes cadeaux à rapporter aux petits. A proximité on trouve aussi un quartier de cabarets, bars à hôtesses, love-hotels, pachinko à la déco surchargée, bien sûr, à cette heure là tout est fermé, pratiquement, on croise le regard d’un couple qui sort du paradise-hotel, main dans la main, l’air de rien ou presque.

Le midi, c’est râmen au comptoir (nouilles chinoises). Benitora (?), excellent restaurant, le meilleur à ma connaissance dans sa catégorie, environ 800 yens.

Le soir, c’était izakaya-sushi à Umeda34.7025135.49793, pas mal, probablement dans les 2000 yens.

3400 yens la journée pluvieuse et quelques billets de dix mille en cadeaux. A partir du lendemain, ça devient beaucoup plus wizzZZzzZZZzzzzz !

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Les week-ends au parc

Le Petit a toujours beaucoup aimé les jardins publics. A Nantes, c’est à celui du Plessis-Tison (avec sa petite montagne et son grand bassin) qu’il passait ses journées, ici, il n’a que l’embaras du choix : le parc au bateau, le parc d’en bas, le parc de la piscine, le parc de derrière Kinji, et plus encore que de prendre le train, faire une halte au parc est l’assurrance de faire un heureux.

Dernièrement, si on n’a pas beaucoup quitté les frontières du quartier, on en a profité pour écumer les bacs à sable. La plupart du temps, les balançoires ont été démontées, probablement du fait d’un accident, les éléphants et les hippopotammes à ressort sont en place à raison d’un sur deux, et les horloges qui donnent l’heure probablement à l’aide d’un magnétophones ont une voix un peu ralentie, reste les tobogans et le sable, qu’on ne démantelle pas comme ça.

De temps en temps aussi surgit dans les cieux une figure bien connue. Suffisamment pour ne provoquer rien d’autre que détours de regards et quelques doigts pointés, on ne s’interrompt pas dans sa tâche, ça glisse sur les toboggans, ça grimpe sur les toiles d’araignées, ça creuse le sable, le zeppelin peut bien passer, si ça lui dit.

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Glande érection (ou invelsement)*

Il y a eu dimanche dernier des élections à Osaka comme dans d’autres villes du Japon. Ce qui a quelques effets détestables, comme celui de voir réélu le maire de Tokyo35.673718139.697556, mais a surtout l’effet très positif de faire taire les fourgonnettes de campagne qui pendant plus d’une semaine quadrillaient la ville.

Imaginez vous avec sous vos fenêtres, toutes les 5 minutes, une fourgonnette surmontée de plusieurs haut-parleurs de foire (ceux qui ne donnent que dans les medium pour porter plus loin), et à l’intérieur de laquelle un candidat et une de ses représentante fait signe coucou de la main à tout ce qui se promène alentours, en hurlant dans les HP (avec une exaltation qui m’a inspiré ce titre) : « GHISMO ! GHISMO ! GHISMO ! VOTEZ POUR GHISMO ! SIOUPLAIT, GHISMO ! MERCI BEAUCOUP C’EST GHISMO QUI VOUS REMERCIE ! »

Au début ça fait sourire, mais dès le deuxième jour, on trace des traits sur le mur en espérant qu’il existe une loi qui impose une trève à quelques jours du scrutin ! De ça, il n’y a pas. D’autant que les agressions vont crescendo tant en volume sonore qu’en fréquence de passage. Dès le 3ème jour de ce petit manège on avait régulièrement des voitures venant de toutes les directions en même temps.

Des voitures, mais aussi des gens à pieds ou à vélo, ceux la sont moins offensifs (car moins équipés), mais provoquent une surenchère de décibels de la part des fourgonnettes lorsque les deux se croisent.

Parfois aussi les fourgonnettes s’arrêtent, et le candidat sort faire un discours, écouté la plupart du temps par à peu près personne ou alors de sa seule claque.

Une petite vidéo (qui n’a aucun sens sans le son) pour vous plonger dans l’ambiance ; rassurez vous, ça ne dure que 2’20.

* Comme vous le savez peut-être, en japonais, les R et les L se confondent. Ce qui me permet en toute impunité de vous sortir ce genre d’horreur et de travailler du même coup mon référencement l’air de rien !…

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