Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

On va tous à Kyoto !

Mon lundi de Pâques n’est pas encore achevé d’imprimer que commence la golden-week au Japon, semaine où les jours fériés se suivent et offrent aux Japonais la chance de pouvoir partir en vacances tous en même temps tous aux mêmes endroits à prix d’or. Bon, en ce qui me concerne, je suis sur le calendrier français, je travaille donc (hors 1er mai bien sûr), mais mon épouse a quelques envies de voyages… ce dimanche, c’était direction Kyoto34.986796135.758678, Arashiyama35.013021135.680122 ; avec des trains rutilants Hankyu pour le petit.

Nous sommes descendus une station avant celle d’Arashiyama. Mon épouse voulait visiter le temple de suzumushi, et moi je voulais prendre des photos de la forêt de bambou d’Arashiyama. Sur la carte, la distance entre les deux semblait raisonnable, on a décidé de rejoindre les deux à pieds. Sorti de la gare, on a filé au combini du coin pour acheter des onigiri, sandwich et boissons en tout genre qu’on a mangé au bord de la rivière Katsura, dans une odeur pas désagréable de barbecues, c’est qu’il y avait du monde à avoir eu la même idée que nous !

Après avoir laissé derrière nous deux compères disgracieux – un ushimushi volant et une monstruosité sans nom, sans tête non plus, offerte en cadeau avec mon café – on a pris la direction du sud, croisant sur la route la maison d’un garde barrière longée d’un petit ruisseau offrant une perspective sympa. Sympa si on ne s’y arrête pas.

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Du mal à la gorge et du bien dans les oreilles

Alors que j’ai encore attrapé je ne sais quelle maladie honteuse (je suis sûr que c’est un collègue de crèche du petit qui m’a refilé ses boutons), le livreur est passé tôt ce matin pour me porter ce que j’attendais avec tant d’impatience.

J’avais commencé à me soigner la semaine dernière avec un spray pour la gorge : « nodonûru supurê (mini) ». Jusque là j’étais assez rassuré, le petit bonhomme à la bouille toute ronde a visiblement comme moi la gorge en feu. A l’usage, ce médoc est vachement fort, et apaise instantanément le mal de gorge. Par contre son effet aussi passe très rapidement. Et puis en revenant de chez le médecin hier, j’ai eu le droit à un beau petit cocktail médicamenteux. Et c’est qu’il faut de l’abnégation pour avaler tous ces comprimés dont on ne peut rien savoir. Je me rassure en me disant qu’en France non plus je ne comprenais rien à la composition des gellules, et qu’il faut bien faire confiance à ce médecin et à ses 20 ans de carrière.

Mais heureusement, ce matin, le livreur est passé avec des cadeaux plein sa hotte. Et ça c’est de nature à me faire passer tous mes maux juste le temps de le dire. C’est arrivé en deux cartons, l’un pour les enceintes, l’autre pour le compo. Et le livreur étant un simple livreur, j’ai même eu le privilège et le grand plaisir d’ouvrir les cartons moi même et d’installer le compo tout seul. Ca c’est du bonheur. Pour vous le faire partager, je vous passe quelques photos des cartons. Depuis maintenant 33 minutes et 24 secondes, j’ai de nouveau de la musique avec du vrai son dans les oreilles. Mais c’est décidé, bientôt j’achéterai le subwoofer (et les enceintes surround qui vont avec tant qu’à faire) pour donner encore un peu plus de couleur à Bona, Jaco et les autres :).

Mais quel bonheur mes amis ! Quel bonheur !

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Air marin

Ce week-end, malgré une météo grisâtre et un air humide, nous avons fait un tour sur les bords de la Yamatogawa. La Yamatogawa est une rivière qui passe tout près de chez nous, connue pour ses taux de pollution records. On ne s’y rend pas très souvent, en été, ça refoule un peu, et de toutes façons, ce n’est pas non plus un endroit de toute première beauté.

Pour autant, on peut y trouver un certain charme.

La première fois que je m’y étais rendu, j’avais été frappé par la grande incohérence du paysage. La ligne d’horizon est particulièrement anarchique, faite de niveaux éparses, de matériaux divers, de profondeurs irrégulières. Une sorte de concentré de paysage en un seul point de vue. Des jardins, des petits collectifs, des industries grandes et moins grandes, des tours d’habitations, des practice de golf, de petites maisons, du béton, du végétal, de l’eau, du métal, de l’air, des gaz. Le tout présent dans un même regard, sans se déplacer ou en se déplaçant à peine.

Il y a aussi cette usine de lait aux couleurs très vives, même si un peu défraîchies, où même en plein week-end de 3 jours l’activité est identique à celle d’un jour de semaine.

En poursuivant un peu, on trouve même un quartier, qui me fait penser – un peu – à Trentemoult près de Nantes, un village de pécheur très cosy, où on se rend pour se promener ou gincher dans les bars. Ici, c’est un peu moins cosy, mais, il y a des plantes à toutes les maisons, pas une voiture, beaucoup de chats, des mouettes et le fleuve au bout de la rue.

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Histoires d’oeuf et de poule qui font des oeufs

Jeudi dernier on avait rendez-vous au kuyakusho (mairie d’arrondissement) pour retirer ma carte de sejour.

Normalement ca prend un mois entre la constitution du dossier et le retrait de la carte magique. Dans mon cas, ca a pris une semaine.

Il a suffit qu’on explique (que mon epouse le fasse 🙂 qu’on avait un appartement a prendre et que pour pouvoir faire le contrat on nous demandait la dite carte. La preposee a alors repondu qu’elle pensait que c’etait possible en une semaine. Ca tombait bien, on etait plutot dans les temps pour l’appartement.

En fait pour obtenir l’appartement il nous fallait un compte bancaire (pour payer le loyer, c’est un prelevement automatique) et la carte de sejour. Pour obtenir un compte bancaire il nous fallait un justificatif d’adresse ou la carte de sejour (qui mentionne une adresse).

La question etait donc de savoir comment avoir une adresse pour ouvrir un compte quand on a besoin d’un compte pour avoir une adresse.

Dans mon metier, on appelle ca un dead-lock, et la seule facon qu’on a de le resoudre a peu pres c’est de tout annuler.

Heureusement pour nous, on avait dans nos innombrables papiers celui qui nous servirait de sesame et nous permettrai d’ouvrir le compte bancaire.

A notre premiere venue au kuyakusho, on a egalement demande d’enregistrer le tampon qui nous servirait a signer le contrat de location. Pour enregistrer un tampon, il faut egalement fournir une adresse. On a mis notre adresse du moment qui etait celle de la belle famille. Bien entendu la mairie n’y a pas vu d’objection et nous a fourni un justificatif pour l’enregistrement du tampon.

C’est ce justificatif tres officiel car venant de l’administration locale qui nous a permis de justifier d’une adresse.

Pour obtenir l’appartement ensuite, le seul justificatif de demande de carte de sejour nous a ete demande. Et lorsque vendredi nous sommes repasses pour apporter quelques nouveaux documents pour le contrat, que nous avons presentes avec fierte la veritable carte de sejour, on nous a dit que c’etait pas utile… comme quoi !

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Allez hop !

Il y a dans mon quartier une maison de retraite, en fait certainement plus d’une, mais celle là en particulier a retenu mon attention, pour un petit détail qui ne manque pas de pitoresque. Sur le côté du bâtiment, se trouve l’escalier de secours. Ok. Et à côté de l’escalier de secours, il y a… « le toboggan de secours » !

Bah oui, si un jour ya un incendie là dedans, faut bien pouvoir mettre tout le monde dehors pour laisser un peu de champ libre à ces messieurs les pompiers. Et comme Momoko et ses copines sont plus très vaillantes dans les escaliers, c’est quand même bien plus pratique – et surtout plus rigolo – de les pousser sur le toboggan.

En tout cas, moi je sais que je voudrais être là avec ma caméra le jour où la maison prend feu !

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Atô kchhhhh, crrrrr âtôgomasushhhhh

Dans la série des vacances rayonnantes, on en était à jouer à cache cache avec les bus, mais, et ensuite ?

Ensuite, re-bus, direction Ginkakuji35.026605135.798064 cette fois çi (le temple d’argent). On ne se fait pas d’illusion, il sera fermé, mais j’ai cru comprendre que le chemin de la philosophie y arrivait… et si il y a bien quelque chose à voir à Kyoto34.986796135.758678, c’est bien « Le chemin de la philosophie ». Moi, je ne pensais pas connaître le chemin de la philosophie (la honte), et je ne voulais pas que cette ignorance rejaillisse sur la miss.

On s’y dirigeait sans histoires jusqu’à ce qu’en cours de route, le chauffeur nous invite à descendre, au milieu du trajet, comme ça, sans trop de raison, une course urgente peut-être… Les bus à Kyoto34.986796135.758678 ne nous auront pas laissé une image impérissable cette journée là. La prochaine fois, faudra essayer en vélo…

Le bus suivant arrive et son chauffeur devait être très grippé car il avait une façon très particulière de s’adresser à nous dans son micro, en lieu et place de « Arigatô gozaimasu », on avait à chaque passager descendant de sourds « ‘atô kchhhhh », « aa tttsssss », « ‘to kssss », « crrrrr âtôgomasushhhhh ». Forcement, fou rire de deux français au fond du bus à chaque arrêt, et aussi un peu entre les arrêt… Ne pas se regarder, surtout. Le problème, c’est qu’il arrive un moment où il faut descendre, et sans pouffer.

C’est à la nuit tombante qu’on entreprend notre chemin de la philosophie, de bout en bout, parce que pendant ces vacances on ne fait rien à moitié.

En cours de route, un petit creux nous prenant, on attend devant un café qui exhibe en devanture des gâteaux sympas. Mais il est 18h01 et les gâteaux seront remballés, on ne nous les vendra pas ; bras croisés en signe de refus. On philosophera le ventre vide.

Le retour se fait par la rivière aux canards, Demachiyanagi, 400 yens, repas trop copieux qu’on ne pourra pas finir, dans les 1000 yens puis 270 jusqu’à la maison.

Grosse journée. 5080 yens. On n’a jamais été aussi près de la fin.

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La récolte sera-t-elle bonne ?

Nous sommes allés ce week-end faire une petite visite en famille au cimetière. Celui çi se trouve à Nara34.683793135.835669, en rase campagne. Et à cette période de l’année, tout le long de la route, les champs de riz rayonnent d’éclats verts. La récolte est proche.

Et c’est la première fois que je voyais du riz pour de vrai, avant qu’il ne soit scrogneugné, et mis en sachet cuisson 10 minutes. La première fois aussi que je voyais ce genre d’araignée.

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Le mochi tombé du ciel

Suite de la petite série consacrée à notre week-end à la campagne.
Note : quelques photos ont été repéchées de mes précédents voyages pour illustrer ce post.

Le combini de Ookii-Baba à Tsuwano34.479392131.759033 a pour voisin direct un temple shinto. Pas très grand, mais avec un charme certain, tout en bois patiné par le temps, et sans ornements superflus.

Ce jour là, devait s’y tenir une fête pour célébrer la fin des récoltes. A cette occasion, tout le quartier exhibait fièrement de longs drapeaux verticaux, offerts au temple par des personnes du quartier. L’an prochain d’ailleurs, Ookii-Baba a prévu de faire les frais d’un tel kakemono.

Dès le matin, nous avons pu assister aux préparatifs, à l’arrivée progressive des acteurs de la fête. Les moines qui entretiennent ce temple sont tous issus de la même famille. Le père, la mère, le fils, et probablement les petites filles menaient la cérémonie. Les percussions sont sorties : Taiko bien sûr mais aussi shimedaiko (une sorte de caisse claire sans timbre) ainsi que de petites cymbales. Sont apparus ensuite des petites sonnailles manipulées par les jeunes filles.

Peu après le repas du midi, l’esplanade devant le temple s’était singulièrement remplie. L’oncle, qui ressemble beaucoup à Jean-Marie Bigard (mais je m’égare), en qualité de chef du quartier était en première ligne. Il y avait aussi une shibuyette égarée, sur semelles compensées, portant bracelets cloutés et autres accessoires très kawaii, que j’ai essayé de prendre en photo (en loose) pendant toute la cérémonie, sans y parvenir. Ah… si je n’étais pas si timide !…

Puis sont arrivés dans la benne d’une camionnette agricole un groupe de sacrés lurons dont les chapeaux n’ont rien à envier à ceux d’Annie Cordie sur « Chaud-Cacao, Chaud-Chocolat ». Compagnie joyeuse qui a animé tout l’après midi de musique et de danses. Parmi ces beaux chapeaux, se trouvait un personnage qui n’en avait pas, sorte de bouffon masqué, qui courait pour faire peur aux enfants, et tournait autour des musiciens. Il bougeait en permanence aussi les seules photos que j’ai obtenues de lui sont floues.

La cérémonie s’est déroulée ainsi, après quelques prières dans le temple, les hommes se sont occupés de transporter le mikoshi de l’autre côté de la vallée où un espace avait été aménagé sous les arbres. Quelques passages périlleux, mais le transport s’est fait sans encombre d’un bout à l’autre. Il y avait aussi un mikoshi pour les enfants, chargé de mochi (pâte de riz).

Arrivé de l’autre côté de la vallée, nouvelles prières, avant le moment tant attendu de la distribution des mochi. En fait de distribution, les mochi étaient envoyés par poignées en l’air en direction du public qui se bousculait dans une frénésie intense pour les ramasser tombés à terre. La scène était tout à la fois amusante et consternante. Le gens étaient venus avec des sacs plastiques pour pouvoir repartir avec le plus de mochi possible.

De retour au temple, nouvelle distribution de mochi, sous la même forme. Même cause, mêmes conséquences. Et cette seconde distribution mis un terme à la cérémonie, tout le monde s’en fut se rentrer chez lui, en faisant pour beaucoup un petit détour par chez Ookii-Baba, le calme revint progressivement sous les sapins.

Il devait être autour de 16h, et jusqu’à 20h on n’avait rien au programme. C’est à ce moment là que j’ai maudit le lieu.

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Blogger party

Cette semaine, j’ai rencontré Thomas de la rivière aux canards et c’était bien sympa. Il m’a conduit dans un resto indien très cool où la serveuse lui faisait de l’oeil. Il est tellement sympa qu’au moment où je lui offrais quelques bonbons en cadeau, il m’a même proposé sa caméra. Bien entendu, je lui ai dit que c’était trop et il a fini par retrouver la raison.

Et à défaut d’une photo souvenir, j’ai pris quelques images pendant la promenade digestive qui me menait de Ogimachi34.703676135.509598 à Umeda34.7025135.49793.

Encore un coup des russes !…

Quand je suis arrivé au Japon, le pays était dirigé par le fougueux Koizumi, premier ministre plein d’allure et d’assurance, sorte de dandy politique doté d’une garde robe infinie, et dont la couverture médiatique était à se demander si la presse était réellement libre de ses choix éditoriaux. Koizumi était de tous les reportages, de tous les journaux télévisés par trois fois au moins, présenté le matin visitant l’armée en combinaison kaki (mais avec un petit foulard très chic quand même), le midi siégeant à la diète en complet noir parfaitement arrangé, le soir à l’opéra en queue de pie et nœud papillon, et l’été, en feu sur les banderoles hostiles des pays asiatiques suite à ses très contestées visites au temple Yasukuni.

Son successeur avec sa tête de j’y-parviendrai-pas n’y est pas parvenu et a bien vite cédé la place.

Après celui-qui-n’a-pas-beaucoup-compté, Yasuo Fukuda était lui un personnage tout en finesse, du genre pince sans rire, avec toujours un petit sourire en coin, et le petit trait d’humour et d’intelligence dans ses interview qui faisaient de lui quelqu’un de très recommandable, en tout cas, le personnage m’était très sympathique (car sur le fond, c’est un peu toujours le même parti au pouvoir depuis l’après-guerre). Et puis, las de tant de grossièretés autour de lui s’est éclipsé sur un discours qu’en substance j’ai compris ainsi : « vous me fatiguez… ».

C’est ainsi qu’Aso a accédé au pouvoir.

Et Taro Aso, c’est tout le contraire du cliché du japonais distingué qu’on peut avoir parfois en France. Taro Aso, c’est un ojisan comme je peux en croiser tous les jours dans mon quartier, pas trop la classe en fait.

Depuis quelques semaines, on entend beaucoup parler de Aso dans les journaux télévisé, pas tellement pour ses faits politiques, mais plus pour ses ratés… Car oui, le premier ministre du Japon se trompe sur la lecture des kanji dans ses discours en public et manque de vocabulaire. Autour de moi on dit que ce doit être la conséquence de sa passion pour les mangas.

Mais ce n’est pas tout, Aso n’est pas le seul à avoir des problèmes avec la lecture dans son ministère. Son comparse le ministre des finances, se trompe lui aussi, mais sur la lecture des chiffres. Un comble, c’est mal barré pour le pays ! 🙂

Et le pompon, c’est que ce même ministre des finances se trouve être en plus d’un mauvais lecteur, un alcoolique à la petite semaine. Et que récemment, celui ci lors d’une conférence de presse au G8 faisait concurrence à notre chef de l’état dans la série « je viens de rencontrer mon homologue russe et puisque je vous dis que je peux aller voir les journalistes… »

Lui a démissionné, pas notre président.

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