Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

Fabrique de billes

La marche du lundi de Pâques se poursuit.

En fait, l’objectif secret que je m’étais fixé consistait à rejoindre à pieds Umeda34.7025135.49793 depuis Osakajo34.687251135.525670. Sur google maps, j’avais repéré que ça n’avait pas l’air impossible, et je me souviens de l’été dernier l’avoir fait depuis la rivière. En arrivant dans le parc d’Osakajo, on peut voir un bâtiment dont je sais qu’il se situe à Umeda34.7025135.49793… Chouette chouette, je n’aurai qu’à aller en cette direction et je pourrai me vanter de l’avoir fait.

Sauf que le bâtiment finit par disparaître, et que le tour du château m’a fait un peu perdre sa direction. Dans ces grandes villes, on n’est jamais totalement perdu car dès qu’on perd le fil de notre marche, il y a toujours une bouche de métro (il suffit de marcher à peu près droit, le temps qu’il faut) pour nous rappeler où on se trouve et si besoin rejoindre à coup sûr des lieux connus. C’est ainsi que j’ai su que j’étais finalement arrivé à Tamatsukuri34.673417135.532965 (dont ma traduction approximative m’a inspiré le titre du billet) ; dans la mauvaise direction donc, mais, qu’importe…

Qu’importe car sans cela je ne serais probablement jamais venu dans ce temple aux cerisiers magnifiques, où tombaient les pétales comme de la neige, abritant un cimetière militaire, et entouré de jardins public pleins de gamins très ennuyeux 🙂

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Nara, Nara desu

Et c’est reparti pour une journée des vacances très chouettes

Au cinquième jour, le programme de ces petites vacances nous menait à Nara34.683793135.835669. Au départ de la maison, cela représente une petite heure de train et 270 plus 540 yens. Nara34.683793135.835669 bien connu pour ses (millions de) biches, d’ailleurs, j’avais bien briefé mon hôte : « sous aucun prétexte tu n’achètes de petit gâteaux pour les biches ».

Avant d’aller les saluer de pas trop près, c’est par Nara34.683793135.835669machi, la vieille ville que nous sommes allés. Je voulais voir si le fusuma que le petit avait transpercé à la dernière visite avait été réparé. Pas encore. Par contre, le descriptif des lieux en français qu’on m’avait fait corriger la dernière fois et que j’avais même pas lu est désormais sous plastique. Et cette fois ci, on nous a fait la démo de la porte d’entrée, qui comme celle des petits cochons peut s’ouvrir par moitié.

Juste à côté, on a également trouvé un temple très mignon et quelques magasins d’un autre temps, vendant du soba en grains et des azuki secs dans des bacs venus de la même époque que les murs. Sur la porte d’à côté, un poisson vaudou en gilet de houx conjure le mauvais sort. Depuis longtemps sûrement. Et ce n’est qu’en sortant de la vieille ville, qu’on est tombé sur ce Pooh-san terminator, objet kitchissime et animé, dans un magasin qui l’était non moins. A en avoir des frissons (de rire).

Et puis, Nara34.683793135.835669 a cela de bien que lorsqu’on entre dans les parcs qui entourent les temples, on quitte la ville pour un long moment. Contrairement à Kyoto34.986796135.758678, où la ville reprend ses droits dès la sortie du temple, ici la promenade est plus apaisée. Normalement.

On mange dans une petite boutique de soba située au milieu d’un parc, et que je connaissais pour y avoir mangé lors du Mantoro de l’été passé (si vous vous souvenez, c’est le petit resto tout en bazar avec son téléphone rose). Une biche yakuza s’est invité en cuisine, rançonne la mama, la menace de ne pas partir tant qu’elle n’aura pas mangé, supporte sans même les sentir les coups de bambous que lui assène la maitresse des lieux. Elle ne bougera pas le temps de notre repas, et probablement encore longtemps après.

Ici on mange pour 500 yens assis sur les tables. C’est paisible.

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Mise au vert

Ce week-end on voyage ! On part à Tsuwano34.479392131.759033, dans le Shimane-ken. Oui oui, en pleine cambrousse, là où y’a même pas d’internet haut débit. Incroyable.

Et on va rendre visite aux ookii baba et jiji ainsi que quelques ojisan et obasan du petit (de la famille quoi).

Ca représente quelques heures de trajet et on devrait y arriver à la nuit tombante. Pour y parvenir, moitié train, moitié voiture de location, et sans bagages, car au japon, comme on le faisait remarquer sur itadakimasu, on sait voyager sans ses 60kg de change pour trois jours, ceux çi sont partis par transporteurs en milieu de semaine.

Et j’ai aussi pour vous quelques photos de Tsuwano34.479392131.759033 de mes précédents voyages, ainsi qu’un petit article écrit pour l’association Atlantique-Japon. A mardi !

Tsuwano depuis le chemin qui mêne au temple dans la montagneOhanami à Tsuwano

Vierge, vraiment ?

A Namba34.663463135.501959, on peut trouver cette boutique de robes de mariées.

Le nom de la boutique « Vierge » est un peu ancienne école et prête à sourire, mais ça ne serait pas si amusant si il n’y avait pas la prononciation d’écrit en dessous en japonais.

Et là, on lit plutôt « Verge » (ヴェルジュ).

Faudrait savoir…

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Rebattre le pavé

Je viens de me rendre compte que mon blog est devenu presque exclusivement musical ces derniers temps. Bon, ce n’est pas grave, c’est dans l’ère du temps, le hasard s’y étant mis aussi, mais je n’ai pas fait non plus dernièrement que surfer le web à la recherche de tout ce qui se disait sur Enesse et ses copines. Il y a un mois (c’était ce jour là), par exemple, on était parti en couple voir l’expo « plus/minus » de Yukio Fujimoto à Higobashi34.692121135.496273 et je n’ai jamais depuis trouvé le temps de vous y emmener. On y va ?

Il y a un mois, c’était le tout début de l’automne, l’été était encore très présent dans le souvenir, cette année on a eu vraiment chaud, et subitement, les températures ont baissées de 10° d’un coup, pas encore de quoi changer du t-shirt mais de l’air à respirer enfin.

Le midi on a mangé d’un curry japonais au comptoir d’une gargote tenue par un couple bizarre. L’homme, presque totalement transparent, effacé ; même quand il nous accueille à l’entrée du restaurant, on ne voit que le comptoir à travers lui. La femme s’y tient aux casseroles, et me faisait incroyablement penser à Barbara, avait un air de junky pre-punk, avec les griffures sur les avants bras, le regard, insondable, souligné de noir, le teint poudré blanc-crème, le sourire mona-lisesque permanent, l’expression invariablement figée, les cheveux noirs fatigués, et puis, il y avait ce maniement du couteau sans état d’âme sur le porc pané… slash. slash. A midi, ça trippe un peu, un soir, un jour de brume, on ne s’attarderait pas ! On ne s’y attarde pas non plus, c’était délicieux pourtant.

Le musée des arts d’Osaka où se situait l’expo se trouve à l’ouest de Higobashi34.692121135.496273. Le bâtiment sort du sol à la manière de feuilles aux nervures en tube d’aluminium posées sur un œuf de verre. Seule l’entrée est en surface, le musée, lui est souterrain : l’accueil et le magasin au B1, le musée au B2 et B3, l’ensemble donne une belle impression d’espace. Quelques œuvres se donnent gratuitement à voir tel ce mur et ses ombres, les ombres sont peintes, à l’acrylique, mais on s’y laisse prendre et on s’approche pour vérifier.

A l’étage au dessous, l’expo qu’on venait voir. Le travail de l’artiste est très sensible, basé sur quelques éléments récurrents : des textes, des polices, des supports transparents, du son aussi, ou plutôt du son qui s’efface. Une collection complète des LP des Beattles, tous poncés très finement, et un mur de son sur lequel des milliers de hauts parleurs diffusent chacun un contenu différent, en s’approchant, le son augmente, et se clarifie, dès qu’on se décolle on retombe dans ce brouhaha, sorte de bruit blanc qui s’estompe très vite, la frontière est très tenue. En quelques centimètres, on change de monde.

Quelques autres artistes sont également présents à ce niveau, de manière permanente, notamment le travail d’un photographe (j’ai noté son nom pourtant, mais où…) qui dans les années 60 prenait des clichés en pause longue (24h, c’est assez long 🙂 et au fish-eye. Sublime, mais on a bien fait de laisser le petit chez Baba, il se serait peut-être ennuyé :).

En face du musée d’art, il y a celui des sciences, et là par contre, on y reviendra ensemble lorsqu’il aura un peu grandi, si il arrive à se détacher de cette monomanie « transports en commun » qui ne le quitte pas.

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Bon, mais alors, ça donne quoi ?

J’ai aujourd’hui eu l’honneur, car c’en est un ici, de pouvoir assister à ma première échographie nippone. Ici, il ne suffit pas d’accompagner votre épouse à la maternité pour espérer apercevoir les battements du cœur de votre enfant sur l’écran noir et blanc de l’échographie…

En fait je m’étais déjà rendu à la maternité à deux reprises. La première fois, je me suis trouvé tellement seul en ce monde exclusivement féminin que je n’ai pas eu le cran de m’avancer plus loin que la salle d’attente. On a parfois des réactions qui nous font nous en vouloir, aussi, la fois suivante, j’étais bien décidé à franchir le pas. Ce que j’ai fait, mais lorsque mon épouse s’est enquise de savoir si je pouvais participer, on m’a laissé sur le pas de la porte. Bien sûr, on ne m’a pas dit « non », tout juste un « c’est à dire que… » à la japonaise qui fait encore plus rager son homme qu’un « non » franc et argumenté à la française. C’est que le papa ici est censé trimer, on ne s’attend pas à ce qu’il s’intéresse au ventre rondissant de son épouse. Un clou qui dépasse…

Il y a eu aussi cette session du samedi après midi, en couple, session obligatoire pour le papa si il veut pouvoir être présent le jour de l’accouchement. Cinq couples, assis à de petites tables de classe, les femmes près de l’allée centrale, les hommes sur les bords. Session test pour les apprenties sages-femmes, l’instructrice est dans le fond de la salle, chronomètre sur les genoux, prend des notes, et relève chaque bafouillement des élèves stressées.

Vraiment l’art oratoire répond ici à de tout autres codes ; c’est pas l’Italie ! Les sages-femmes, en blouses, raides comme des piquets, bras collés le long du corps, mains à plat, immobiles, sans laisser paraître la moindre émotion surtout, ça pourrait détourner l’attention peut-être, ou la fixer, c’est selon.

Les présentations sont faites, courbettes sur la scène, courbettes en réponse dans la salle, une seule des sage-femmes reste et entame à l’heure précise un discours appris intégralement par-cœur. Il durera 30 minutes, exactement. On nous parle des mois, des poids et des tailles, de comment se lever quand on est couché et qu’on est une femme enceinte, de comment passer l’aspirateur et qu’on est une femme enceinte, de comment porter des objets lourds et qu’on est une femme enceinte, et un des papa appelé au hasard parmi les cinq présents a le droit de faire la démo d’un costume de simulation de femme enceinte, sorte de corset avec poitrine proéminente et sac de plomb au niveau du ventre :

– si je pose le crayon par terre, pouvez-vous le voir ?
– non
– est-ce que c’est lourd ?
– oui
– vous pouvez vous rasseoir.

Le second exposé durera 17 minutes, toujours de par-cœur déclamé sur un ton égal, et traite des aspects pratiques, le numéro de l’hôpital, l’entrée de nuit, le surcoût en cas d’accouchement nocturne, le trousseau à préparer, et la fréquence des contractions avant d’appeler le taxi.

De temps en temps, une stagiaire trébuche sur un mot et présente ses excuses invariablement d’un « shitsureishimashita », lance un coup d’œil au fond de la salle, pour reprendre la phrase à son début, levant alors les yeux au plafond pour y chercher sa mémoire, en martelant bien chacun des mots qui l’avait induit en erreur.

Et puis, il y a un goûter, avec des échantillons, boissons et gâteaux énergisants, issus de l’industrie agro-alimentaire probablement sponsor d’une manière ou d’une autre de ce genre de regroupements. Table ronde, présentation rapide faites par les mamans, petite question a chacun des papas, on n’attend pas à ce que quiconque développe un thème, quelques mots sont lâchés avant de prendre une pause.

Après la pause, nouvel exposé de 13 minutes, avec séance vidéo sur l’accouchement. On y voit une femme très zen, en train d’accoucher, sans douleur, grâce à la sophrologie. C’est d’ailleurs au moment où ce mot est lâché que pour la première fois on peut voir briller une petite étincelle dans le regard de la sage-femme.

Cette session était en fait l’introduction à la suivante, la plus longue de toutes, 40 minutes ; pour celle là on a enlevé les tables, et tout le monde est assis par terre (on aime ça au Japon). 40 minutes d’exercices et de discours toujours minuté sur la sophrologie et l' »image training », en anglais dans le texte. Les exercices se font en musique, sur une sorte de truc de relaxation : un arpège joué en boucle pendant des heures à tempo lent sur des nappes synthétiques et sur fond de percussions ethniques sous-mixées, comme lointaines, vous voyez le genre ? On en trouve dans certains magasins en France aussi, la plupart du temps à côté des bâtons d’encens, des jardins zen de tables, ou des bambous tournicotant en vase.

Après ces étirements, et la remise d’un petit questionnaire de satisfaction, on nous fera visiter l’hôpital, le coin maternité qui partage ses chambres avec la gérontologie, l’hôpital est vieux, vieillissant, a mal vieilli, on ne sait trop dire, c’est pas très sexy, ça change de la clinique Jules Verne. On sera sans doutes heureux de se retrouver à la maison cette fois ci…

Pour en revenir à aujourd’hui, j’ai donc pu assister à cette échographie, qui en soi n’a rien de particulier, le matériel est le même qu’en France, il vient d’ailleurs du Japon. La seule différence avec la France, c’est que c’est à vous de venir avec votre serviette pour vous essuyer le ventre du gel dont on barbouille la sonde, l’hôpital n’offre pas ce genre de service.

Aujourd’hui, on sait donc si ce sera un chti Ghismo ou une chtite Ghismette, mais on vous le dira pas !

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Faire les présentations

C’est qu’elle ne se laisse pas prendre en photo facilement, longue et fine, haute et brillante, elle porte le sobriquet de Wav 4 et son papa c’est Ned Steinberger, NS Design, voici donc Enesse…

Au moins elle plaît au petit :

– T’as vu, papa il a une nouvelle basse !…
– Kakkoii deshô !

– Oui, elle est cool, hein !
– Doko de kattekita ?
– Je l’ai achetée à Tokyo35.673718139.697556 ce week-end…

– Sokka, Kyoto34.986796135.758678 ?
– Nonon, Tokyo35.673718139.697556…
– Tokyo35.673718139.697556 ?…

Bon, et c’est maintenant que commence le travail, c’est beaucoup plus physique que la basse électrique, ça arrache les doigts, ça les écartèle bien aussi, ça tire dans les avant-bras, beaucoup plus dur aussi question justesse… mais, wow ! :°

Et dès que j’ai un plan enregistrable, je le partage avec vous, mais c’est peut-être pas demain 🙂

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A la pêche aux super-ball

Le Petit est passé maître à la pêche aux super-ball.

Troisième première visite

L’été dernier il perçait encore ses épuisettes de papier à la première balle rebondissante extraite de l’eau. En ce début d’année, on franchit largement la vingtaine de pièces pêchées, et ce n’est pas sans fierté qu’on peut choisir le lot – qui n’est plus de consolation – sur les présentoirs.

Troisième première visiteArroser

Au dessus de vingt balles, c’est deux balles transparentes avec des filets de couleurs, et une sûpâ-unko-bôru. Une balle en forme d’étron, que le petit a choisi marron par habitude.

Triompher

Et il l’aimait son lot de nouvel an, qui du fait de sa forme, rebondissait en tous sens et ne se laissait pas attraper ainsi. Elle avait fini par trouver place sur le dévidoir de papier toilette dans un endroit qui lui seyait au teint.

Fanfaronner intérieurement

Et puis vint la catastrophe, même pas une semaine après son sauvetage, alors que le petit venait de tirer la chasse, la balle chût de son piédestal, et rejoint ses consœurs en un magnifique trois-rebonds qu’on aurait crû programmée par des batteries de super-calculateurs tant la trajectoire était pure et indétournable.

Et là j’ai vu de vraies larmes de peine poindre dans les yeux du petit, et moi de ne pas savoir étouffer un fou rire en pensant à cette destinée tragique.

Les Frères Jacques

Je le paierai un jour.

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Découverte du tout premier ordre

Je viens de faire une découverte qui va prouver, si besoin était, que grande est mon intuition scientifique.

Les pois-chiches japonais sont – j’en suis tout à fait certain – transgéniques et contiennent des gènes de poulet roti.

Ok, je sors.
je sors
je suis déjà dehors…

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