Note : Ce site est une archive et n'est désormais plus ni maintenu ni enrichi. Cette page d'accueil affiche des billets pris au hasard parmi ceux rédigés pendant mes 3 années japonaises.

Si vous souhaitiez parcourir le site dans l'ordre (anté)chronologique d'origine, votre bonheur se trouve dans les Archives.

En attendant David

Suite de la petite série sur la blogger party avec David du site lejapon.fr

Petit flash back : avant d’arpenter les abords d’Osakajo, nous nous sommes rencontrés avec David à la gare de Umeda34.7025135.49793, en attendant que son train n’arrive, j’ai profité du temps qu’il faisait et du temps que j’avais pour prendre quelques autres photos du quartier.

Umeda est un des grands coeurs d’Osaka, d’ailleurs, la station JR (Japan Rail, l’équivalent de la SNCF) qui porte le nom de la ville se trouve ici.

L’ambiance ici est effervescente, la traversée de la gare est une véritable course d’obstacles, du monde déboule de partout en cortèges serrés et c’est celui qui montre la détermination la plus ferme qui passe en premier.

Le quartier est aussi en pleins travaux, dégageant grandement la vue sur les entrepôts JR, pour le plaisir de l’amateur de structures métalliques que je suis (à chacun ses petites faiblesses :).

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Ils sont tous à Kyoto aussi !

On poursuit la marche dans Kyoto34.986796135.758678 de dimanche dernier

On s’est ensuite enfoncé dans de petites ruelles bordées d’un ruisseau totalement asséché, qui, comme le sont la plupart des ruisseaux nippons dans les villes, est pavé de dalles de béton imprimées de motifs en reliefs, probablement pour ralentir les flux lorsque l’eau dévale la pente. La verdure ombrage tout le long de la rue rafraichissant l’air d’une manière toute agréable. On a remis un pied en été et la lumière est incroyablement directe.

Une maison-cottage-café donne quelques airs d’Angleterre à ce coin de rue, et probablement un passionné d’astronomie s’est construit ce qui ressemble à un observatoire miniature sur le toit de sa maison.

Un petit sanctuaire annonce le temple, et en tournant au coin de la rue, on se rend compte que notre premier objectif (le temple suzumushidera) attendra une autre fois… Des marques indiquent les temps d’attentes, et le bout de la queue frise le libellé « 2 heures »…

On prend une glace à 350 yens dans une échoppe non loin de là. L’obasan qui tient la boutique est très bavarde : « Oh ! Qu’il est mignon ! Et ah mais votre mari est d’où ? De France ? Ah, il y a un Suisse qui habite le quartier ! Vous prendrez ? Il est mignon quand même ! Une glace Macha et une Vaniira… Et mais au fait, ce ne sont pas les élections en France ? La semaine prochaine, oui… Ah mais que le petit est mignon ! Merci client sama, merci ! Votre mari est vraiment doué en japonais !* Il est mignon hein ? ». Discours dont la courtoisie contraste avec la rudesse du panneau scotché sur la porte des toilettes : « Pour utiliser les toilettes, nos honorables clients doivent justifier d’une note de 500 yens minimum, par personne. Il pourra être demandé une contrepartie financière aux contrevenants.« 

* Sauf que je n’ai pas prononcé un mot je crois 🙂

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Omiyamaïri

Samedi dernier, on est parti tous ensemble, le Petit en premier, poussant la Toute Petite, au petit temple voisin de Takasaki. Et on y a trouvé les Kamisama du printemps qui étaient arrivés un peu avant nous.

Mais plus que de rendre visite aux pruniers en fleurs et aux bourgeons des plus timides cerisiers, c’est pour la Toute Petite qu’on avait fait le déplacement.

La cérémonie se nomme omiyamaïri et consiste à faire les présentations entre le dernier de la famille et les Kamisama du temple. Une sorte de baptème shintoïste avec l’eau en moins, le kimono et un idéogramme sur le front en plus.

La famille prend place à l’entrée du temple, Baba au milieu, avec la Toute Petite dans les bras, les parents autour, Jiji est avec le Petit en périphérie. Le prêtre nous accueille, fait confirmer la prononciation de mon nom de barbare, précise que c’est quand même compliqué à prononcer, avant de nous tourner le dos, s’agenouiller au fond du temple et commencer ses prières chantées sur un ton monocorde. Petite pause au milieux de son incantation pour bien prononcer et distinctement mon nom avant de reprendre le flux de son marmonnement.

Suivent pour chasser les démons quelques mouvements large avec un fouet de papier au dessus de nos têtes baissées avant de prendre ensuite place face au taiko doré, d’attraper les bâtons, et d’appuyer sur la touche de lecture de son radio cassette. Une flute shakuhachi s’envole, la Miko qui doit être la fille du prêtre danse très concentrée avec des rameaux dans une main, des sonnailles dans l’autre et répète le rituel de purification.

Clac. Le prêtre interrompt la musique sur son radio cassette à touches mécaniques. C’est l’heure de la coupe de Sake, de la remise des cadeaux et de la photo souvenir. Clic-clac.

La suite nous a conduit dans le restaurant préféré du Petit, un sushi tournant du quartier qui propose des sushi « mîtobôru » et des jeux toutes les 5 assiettes permettant de gagner des jouets aux couleurs de la chaîne de restaurant.

Avant de finir chez Jiji Baba où le petit a pu se confronter à Jiji au jeu de go, pendant que nous dégustions quelques friandises pour accompagner le thé.

La Toute Petite a bien pleuré pendant la cérémonie, les Dieux pourront bien se souvenir d’elle.

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Etre à côté de ses pompes

Le lundi soir je vais prendre mon cours de basse au K’s Studio34.604923135.472202.

Et au Studio K’s comme à peu près partout au Japon, on se déchausse pour rentrer. Chez K’s ils sont prévenant (à 3000 yens de l’heure, ils peuvent) et ils mettent à notre disposition des casiers dans lesquels on trouve des petits chaussons rouges qui doivent bien chausser du 52, qu’on substitue généralement par nos propres chaussures. La consigne est de 100 yens et on la récupère à la fin.

Comme beaucoup de gaijin, n’ayant pas pris l’habitude depuis tout petit de mettre et d’enlever mes chaussures 30 fois par jour, j’y passe un certain temps là où les japonais font ça en une fraction de seconde sans même y réfléchir ni se baisser.

Ce dernier lundi, après le cours, je récupère donc mes chaussures que je pose par terre du côté autorisé. Deux rockeurs dans la quarantaine me précèdent et je les entends discuter d’une voix qui colle à leur look : puissante et rauque. Et puis je comprend qu’ils parlent de mes chaussures « Kakkoi » dit l’un en les pointant du doigt (kakkoi, ça veut dire cool). Et puis, alors que je me baissait pour me chausser, l’autre garçon se baisse en même temps et prend ma chaussure droite en main, la retourne pour en voir la semelle, et là s’exclame « Yappari ! » (ce qui veut dire en gros, « Je le savais ! »). Puis, il repose ma pompe par terre sans rien dire d’autre. Entre temps je me suis relevé parce que je ne me voyais pas courir après ma chaussure à cloche pied.

Un peu surpris quand même, légèrement outré, mais surtout très amusé par la scène, je voulais ajouter quelque chose, que je les avais achetée à Namba34.663463135.501959, que, que… mais les deux gusses étaient déjà à la machine à café et avaient changé de sujet de discussion. Me laissant avec mes interrogations.

Mais pourquoi « Yappari ! » ? Qu’est-ce qui pouvait les intriguer à ce point avec mes pompes ?

C’est quand même bizarre ici parfois !

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Atô kchhhhh, crrrrr âtôgomasushhhhh

Dans la série des vacances rayonnantes, on en était à jouer à cache cache avec les bus, mais, et ensuite ?

Ensuite, re-bus, direction Ginkakuji35.026605135.798064 cette fois çi (le temple d’argent). On ne se fait pas d’illusion, il sera fermé, mais j’ai cru comprendre que le chemin de la philosophie y arrivait… et si il y a bien quelque chose à voir à Kyoto34.986796135.758678, c’est bien « Le chemin de la philosophie ». Moi, je ne pensais pas connaître le chemin de la philosophie (la honte), et je ne voulais pas que cette ignorance rejaillisse sur la miss.

On s’y dirigeait sans histoires jusqu’à ce qu’en cours de route, le chauffeur nous invite à descendre, au milieu du trajet, comme ça, sans trop de raison, une course urgente peut-être… Les bus à Kyoto34.986796135.758678 ne nous auront pas laissé une image impérissable cette journée là. La prochaine fois, faudra essayer en vélo…

Le bus suivant arrive et son chauffeur devait être très grippé car il avait une façon très particulière de s’adresser à nous dans son micro, en lieu et place de « Arigatô gozaimasu », on avait à chaque passager descendant de sourds « ‘atô kchhhhh », « aa tttsssss », « ‘to kssss », « crrrrr âtôgomasushhhhh ». Forcement, fou rire de deux français au fond du bus à chaque arrêt, et aussi un peu entre les arrêt… Ne pas se regarder, surtout. Le problème, c’est qu’il arrive un moment où il faut descendre, et sans pouffer.

C’est à la nuit tombante qu’on entreprend notre chemin de la philosophie, de bout en bout, parce que pendant ces vacances on ne fait rien à moitié.

En cours de route, un petit creux nous prenant, on attend devant un café qui exhibe en devanture des gâteaux sympas. Mais il est 18h01 et les gâteaux seront remballés, on ne nous les vendra pas ; bras croisés en signe de refus. On philosophera le ventre vide.

Le retour se fait par la rivière aux canards, Demachiyanagi, 400 yens, repas trop copieux qu’on ne pourra pas finir, dans les 1000 yens puis 270 jusqu’à la maison.

Grosse journée. 5080 yens. On n’a jamais été aussi près de la fin.

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Cocoro : 1 – 0 : Ghismo

Avant d’aller voter, on est allé manger au Soup-Curry d’Osaka Business Park, et j’aurais du lire mon blog avant de partir car j’ai tenté cette fois çi le 33ème degré d’épice (sur 100), en oubliant donc de tester d’abord le degré 25, et j’ai bien failli y rester ! Je suis ressorti de là les yeux bouffis, le nez qui coule, le front perlé de sueur, le système digestif totalement anesthésié… et il m’a fallu une bonne promenade au grand air pour m’en remettre.

Dans la confusion, je me suis acheté une montre.

Je reprends l’entrainement !

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Rock n’ Roll !

J’ai reçu une réponse samedi dernier à mon annonce. Ca disait en gros :

Enchanté, je réponds à l’annonce, je m’appelle Watanabe, je suis choriste et manager d’un groupe, j’ai une petite poitrine, et dites m’en un peu plus sur vous.

Quelques imprécisions, erreurs de traductions, voire même quelques affabulations auraient bien pu se glisser dans cette transcription, merci de corriger par vous même !

C’est donc très excité de pouvoir me remettre un peu à la musique que je réponds dans la foulée. Et Pan ! La réponse me revient en erreur : PERM_FAILURE: SMTP Error (state 12): 550 Unknown user !

Pas glop !

Pas grave, j’imprime le mail et sa réponse et me décide à voir si la Watanabe san est connue des services de K’s Studio34.604923135.472202… Et comme hier soir j’avais cours avec mon prof, c’est à lui que j’en ai parlé en premier :

– Eetoooh… Vous connaissez Watanabe san ?
– …

Et visiblement, à son air très gêné il connaissait bien Watanabe san… Je lui explique alors le mail que j’ai reçu, l’adresse erronée, et que j’aimerais faire suivre cet email par voie terrestre… De plus en plus gêné, il marmonne des :

– Eetooo.. Ghismo san ha… Watanabe san… eetooo… wakaru no ka na ?…

Ca avait pas l’air très bon. J’essaye d’en savoir un peu plus sur ce que fait Watanabe san, et il me dit que c’est une fille de 43 ans (il insiste sur son âge, me le montre sur ses doigts pour bien que je me l’imprime), qui chante en professionnelle, mais qui n’est pas très douée (rires de mon prof)… Bon, c’est pas grave moi non plus je suis pas très doué, je suis assez ouvert, je veux bien voir quand même…

Le cours passe, et on file à l’accueil. Là il y a un gars très cool, qui l’été dernier m’avait lancé un « Nice T-shirt ! ». Et quand il apprend que Watanabe m’a contacté, prend moins de pincettes que mon prof et part direct dans un éclat de rire franc et joyeux ! Et il m’explique :

– La dame qui a pris votre email, elle est ici, studio 2, elle a sorti un album, je vais vous le faire écouter…

Il me montre un album à la pochette un peu kitch où on peut voir Watanabe san au milieu d’une trainée d’étoiles blanches dans un halo rose (le genre de trainées que fait une baguette magique). Et mon prof qui a perdu un peu de sa retenue d’intervenir :

– Euh… il y a eu beaucoup de retouches photoshop sur la photo… là elle est plutôt mignonne… bon… (rires)

Et la musique se fait entendre. Petit air gêné d’un peu tout le monde, moi y compris… Ca ressemble à un générique de Doraemon qui aurait fauté avec Hello Kitty, Ultraman et Mitokomon dans l’espace, avec la bande son d’un karaoke eighties, le son de la basse fait penser à un vieil élastique électronicisé… C’est assez tendu, et pour l’occidental que je suis c’est méga ultra trop kitch… Du kitch pour de vrai, pas du kitch qui se moque du kitch… Dur*.

Et effectivement, je ne me voyais pas trop participer à ça sans risquer de perdre définitivement la raison (déjà qu’il ne m’en reste pas beaucoup…).

Et là mon prof de me proposer une porte de sortie raisonnable :

– Je connais un peu Mme Watanabe, je pourrai lui expliquer que…
– Ah oui ! Ah oui ! on va faire comme ça !

A suivre !…

* Peut-être même plus dur que du Ghismo Sound System, on croit réver !

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Et le jeudi, c’est Nihongo !

Depuis que je suis arrivé ici en juin dernier, tous les jeudis, je vais dans une école du quartier pour suivre un cours de japonais. Les enseignants (sensei) sont bénévoles, les cours sont gratuits et bien qu’ils se déroulent dans une salle de classe, ils sont individuels. A chacun son sensei, donc. En ce qui me concerne ça fait quelques semaines que j’y travaille seul mes kanji, mon sensei n’a pas une disponibilité débordante.

Mais c’est assez amusant de venir dans une vraie salle de classe d’une école japonaise. Ici, on se déchausse en entrant et on passe des petits chaussons en plastoc vert, les mêmes pour tout le monde. Au fond de la salle de classe sont affichés aux murs ce que j’imagine être les portraits des proviseurs. Il y a également dans les armoires une flopée de trophées et médailles ainsi qu’un tas de manuels scolaires empoussiérés.

Dernièrement, on a vu apparaître dans la salle un, éventuellement deux chauffages au gaz. Et ce qui me sidère assez, ce sont ces tuyaux de gaz qui parcourent librement la salle de classe, et cette jointure au milieu pour alimenter les deux appareils… Il parait que ce sont les élèves qui installent eux-même les chauffages…

Je sais pas vous, mais moi, ça ne m’inspire guère confiance…

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